Reprise du sport collectif amateur : la réalité du terrain

Le gouvernement autorise la reprise du sport collectif amateur à partir du 22 juin. Une nouvelle qui prend tout le monde un peu de court. Pour la pratique en salle, la mise à diposition des gymnases ne va pas toujours de soi. Tour de terrain dans le Finistère.
Une reprise du sport collectif amateur le 22 juin "avec des mesures de prévention adaptées" annonce le gouvernement
Une reprise du sport collectif amateur le 22 juin "avec des mesures de prévention adaptées" annonce le gouvernement © Belpress/MaxPPP

Au Brest Basket 29 (BB29), la reprise est dans toutes les têtes. Et depuis un moment. Le club a reçu une feuille de route de la Fédération française de basket-ball. Reprendre oui, à condition de mettre en place un protocole sanitaire, assorti de la nomination d'un manager Covid-19, une sorte de superviseur des gestes barrière. Le BB29 a rédigé son protocole qui a été validé par la Ville de Brest. 


Du basket sans contact


Un sacré casse-tête car comment jouer au basket sans contact ni opposition sur le terrain alors que c'est le sel même de ce sport ? Le président du club brestois s'est donc mis à la tâche. "Chacun son ballon, port du masque et distanciation physique de deux mètres entre les joueurs, résume Hervé Poullaouec. Et seulement dix participants par entraînement". Le BB29 était dans les starting-blocks et n'attendait plus que le feu vert du ministère des Sports qui est arrivé ce samedi 20 juin : la pratique d'un sport collectif amateur et de loisirs est de nouveau autorisée :

 

Les annonces gouvernementales versus la réalité du terrain


"On ne pourra pas caser tout le monde, prévient le président du BB29. Pour la simple et bonne raison que nous n'aurons que deux gymnases à disposition, avec des créneaux restreints". Conséquence : il faut s'inscrire pour avoir accès à un entraînement d'une heure trente. "Par exemple, pour les U17, on a prévu deux séances par semaine pour qu'un maximum de jeunes puissent revenir jouer. Toutefois, celui qui s'inscrit à la séance du lundi ne pourra évidemment pas suivre celle du mercredi"

Une reprise de courte durée pour les basketteurs du BB29 puisqu'elle s'achèvera le 3 juillet avec la fermeture des gymnases municipaux. Et c'est là que la réalité heurte de plein fouet les décisions gouvernementales prises cette nuit. Le retour de la pratique en salle d'un sport collectif dès ce 22 juin est certes une nouvelle qui réjouit les clubs amateurs, encore faut-il avoir un lieu pour s'entraîner. Cette reprise juste avant le début des vacances scolaires ne va pas de soi pour tout le monde. Et dans un délai aussi court, remettre la machine en route ne se fait pas en un claquement de doigts.

 

Du hand sans salle

 

Au Ploudaniel Handball, qui compte 160 licenciés, la saison a été stoppée net par le coronavirus. Et elle le restera. "On avait acté la fin de saison, explique Marie-Laure Pichon, la présidente du club. Et même si on avait voulu reprendre, on n'aurait pas pu puisqu'on ne dispose pas de salle pour le faire". Alors le club préfère travailler à l'organisation de la prochaine saison. "On essaiera de relancer les entraînements plus tôt que les autres années. Mais c'est encore trop tôt pour l'affirmer".

Le vice-président de la Ligue de Bretagne de handball, qui a en charge les clubs finistériens, attendait "ce signe du gouvernement". "Maintenant, dit Gérard Cantin, c'est aux clubs de faire le forcing pour obtenir l'ouverture des salles, y compris en juillet. Il faut être offensif car le hand doit reprendre le 22 juin. C'est important pour consolider le nombre de licenciés, pour ne pas en perdre en chemin et leur redonner envie de jouer"

A l'inverse, certaines communes ont anticipé l'appel. C'est le cas à Saint-Renan. La mairie a mis un gymnase à disposition du club de handball... il y a quinze jours. Le Saint-Renan-Guilers Handball a réinvesti le terrain avant les autres, en respectant les règles sanitaires. 

 

Du côté du sport collectif en extérieur, on ne se bouscule pas non plus au portillon. Pour beaucoup, la saison étant terminée, une reprise le 22 juin semble bien éloignée de leur préoccupation immédiate. Au Stade Plabennecois, c'est la préparation des stages d'été qui anime le club de foot. "L'annonce du gouvernement arrive trop tard pour que l'on puisse organiser la reprise des entraînements avec les jeunes, souligne Steven Coat, le responsable de l'école de foot. Mettre des choses en place pour deux semaines, ce n'est pas si simple. Ça nous prend de court". L'école de foot ne rouvrira d'ailleurs pas ses portes avant fin août-début septembre. 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
football sport basket-ball handball déconfinement société