Un distributeur de protections hygiéniques bio et gratuites inventé dans le Finistère

C'est une innovation finistérienne, récompensée au concours Lépine début novembre : le distributeur de protections hygiéniques, bio et gratuites. Il a été conçu par l'entreprise Marguerite & Cie, installée à Plobannalec-Lesconil. Une petite entreprise, qui rencontre un franc succès et ne cesse de s'agrandir.

 "Pas de tabou, des produits sains, un accès gratuit", voilà les maîtres mots de l'entreprise Marguerite & Cie à propos des protections hygiéniques. Depuis trois ans, elle travaille sur un distributeur de tampons ou de serviettes à destination des collectivités. Début novembre, elle a remporté une médaille d'argent au Concours Lépine, dans la catégorie "Santé et nouvelles technologies". 

 

Avec Marguerite & Cie, 700 000 jeunes filles ou femmes ont accès à un distributeur sur leur lieu d'étude ou de travail

1800 distributeurs sont déjà déployés en France et à l'étranger, dans 500 collèges, lycées, universités et mairies, CROUS. Un nouveau distributeur, plus petit complète désormais le dispositif et vise les entreprises. 

"Ce qui est impressionnant, c'est qu'on ne fait que répondre à une demande entrante", constate Gaële le Noane, la présidente et fondatrice de Marguerite & Cie. "On en a une quinzaine par jours, on répond en fait à un besoin".  En France, près de 2 millions de femmes n'ont pas les moyens de se procurer régulièrement des produits menstruels. "C'est un des symboles de l'inégalité hommes/femmes", résume-t-elle. 

Gaële Le Noane milite pour un produit bio. "Quand j'ai lu les études sur la composition des tampons et des serviettes, c'était vraiment une révolte. C'est un achat contraint et qui est potentiellement toxique et super polluant"

En pratique, les établissements paient le consommable à l'intérieur des distributeurs qui sont eux disponibles gratuitement. "C'est un boîtier mural, avec un système breveté de recharge qu'on glisse dedans pour que ne ce soit pas une contrainte, que cela soit rapide. Je voulais enlever tous les freins à l'installation de ce nouvel objet dans notre champ visuel, dans la société". 

Coût de revient pour les collectivités ? Entre 80 centimes et 1 euro l'unité par mois, par jeune fille, produite par le leader de la protection bio.

Du côté des étudiantes, le dispositif est bien perçu. Il facilite le quotidien. L'accès via un distributeur est plus simple pour les personnes dont le sujet des règles peut être considéré comme tabou dans l'entourage. 

Je pense que ça devrait être partout, dans toutes les toilettes publiques. Moi je sais que je dois mettre de l'argent de côté, c'est comme la nourriture il y a un petit budget de côté pour acheter, et du coup c'est utile d'avoir ça gratuitement

Mia, étudiante à l'université de Brest

 

Dans les mois à venir, Gaële Le Noane aimerait bien développer son concept encore plus à l'étranger, y compris hors de l'Europe. Pour elle, pas question d'exporter depuis la France pour des raisons écologiques. "Je veux travailler avec les gouvernements des différents états, pour créer des emplois dans ces états-là". Depuis la création de son entreprise en 2018, elle a pu engager quatorze salariés, basés à Lesconil.  
 

 

 

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