Une protection policière demandée pour la journaliste bretonne Morgan Large

Suite au sabotage de la voiture de Morgan Large, victime de nombreux actes de malveillance, l'association Reporter Sans Frontières a déposé une plainte ce mardi et demandé une protection pour la journaliste bretonne, spécialisée dans l'agro-industrie bretonne.

Morgan Large est journaliste à RKB
Morgan Large est journaliste à RKB © France Télévisions

Entre 500 et 1000 personnes ont manifesté il y a une semaine à Rostrenen, pour défendre la liberté de la presse et pour soutenir la journalise bretonne, spécialisée dans les enquêtes sur l'agroalimentaire et victime d'intimidations et de nombreux actes de malveillance.

Ce mardi, Morgan Large et l'association Reporter sans Frontières ont adressé une plainte par lettre recommandée au procureur de la République de Saint-Brieuc pour qu'une enquête soit ouverte. Cette plainte contre X, dénonce des faits de "destruction, dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui par l'effet de tout moyen de nature à créer un danger pour les personnes" et d'"entrave concertée à la liberté d'expression".

 

La plainte détaille les pressions et intimidations dont la journaliste et sa radio ont fait l'objet ces derniers mois, notamment l'intoxication de son chien, les coups de téléphone la nuit à son domicile, l'ouverture de l'enclos de ses animaux et la dégradation des portes des locaux de RKB.
 

Sabotage de sa voiture 

Morgan Large, journaliste de Radio Kreiz Breizh (RKB), une radio associative bilingue français-breton installée à Rostrenen (Côtes-d'Armor), s'était aperçue le 31 mars que l'une des roues arrière de sa voiture avait été déboulonnée. "Selon le témoignage du garagiste de Morgan Large, dont la plainte fait état, cela ne pouvait pas être accidentel. Il s'agit bien d'un sabotage qui relève donc d'une volonté délibérée de porter atteinte à l'intégrité physique de la journaliste et qui a mis en danger de mort la journaliste et l'ensemble des usagers de son véhicule, dont sa fille", écrit RSF dans un communiqué de presse.
 

 

"Protection policière pour des journalistes, exceptionnel en France"

"Cet acte de sabotage n'est que le dernier d'une longue série, mais il montre qu'un seuil a été franchi dans la malveillance, ce qui justifie l'ouverture d'une enquête pénale et, comme RSF le demande au procureur, que la journaliste bénéficie également d'une protection policière et d'un numéro d'appel d'urgence afin de permettre une intervention rapide en cas de danger imminent", poursuit l'association. "Pour RSF, il est assez exceptionnel de demander une protection policière pour des journalistes en France", a souligné une porte-parole.
RSF demande en outre qu'un autre service que la gendarmerie locale soit saisi du dossier, en raison du "climat social tendu à Rostrenen et ses environs".


  
 

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