Frais de sécurité : “la décision du Conseil d'Etat fragilise les festivals” Jérôme Tréhorel (Les Vieilles Charrues)

Pour Jérôme Tréhorel, directeur des Vieilles Charrues, le maintien des frais de sécurité à la charge des organisateurs d'événements culturels "fragilise les festivals et la diversité culturelle". / © France 3 Bretagne
Pour Jérôme Tréhorel, directeur des Vieilles Charrues, le maintien des frais de sécurité à la charge des organisateurs d'événements culturels "fragilise les festivals et la diversité culturelle". / © France 3 Bretagne

Les organisateurs de festival avaient saisi le Conseil d'Etat pour obtenir l'annulation de la circulaire Collomb, les obligeant à payer eux-mêmes les frais de sécurité facturés par l'Etat. Une demande qui n'a pas été retenue. Jérôme Tréhorel, directeur des Vieilles Charrues, alerte sur la situation.

Par France 3 Bretagne

"Les modèles économiques des festivals, notamment associatifs, sont très fragiles" affirme Jérôme Tréhorel, directeur du festival Les Vieilles Charrues.

Et la récente décision du Conseil d'Etat ne va pas faciliter les choses : l'institution a décidé de maintenir la circulaire Collomb, mise en place en mai 2018, obligeant les organisateurs de festival à prendre eux-mêmes en charge les frais de sécurité. 

Les responsables d'événements culturels avaient demandé l'annulation de cette mesure "pour excès de pouvoir" du Ministre de l'Intérieur. Finalement, rien ne changera. Excepté l'abrogation d'un point sur les modalités de paiement des avances de frais. 

Trop peu pour Jérôme Tréhorel qui alerte sur la situation : "Cette nouvelle fragilise davantage les festivals. Avec le phénomène des attentats, on a eu une augmentation de 300 000 euros à peu près aux Vieilles Charrues. On a été partiellement aidé par l'Etat, mais plus aujourd'hui. C'est pareil pour les autres festivals" déplore Jérôme Tréhorel.

En Bretagne, les sommes déboursées pour le maintien de l’ordre pèsent lourd dans la balance : 20 000 euros pour le Festival du Bout du Monde, soit 8 à 10% du budget. Pire, en 2018, le festival Microclimax sur l’île de Groix avait été annulé en raison de frais de sécurité supérieurs au coût total de l’événement.
 

Une réunion prévue pour trouver des solutions

"On va essayer de trouver des solutions pour diminuer les dépenses liées au maintien de l'ordre ou de nouveaux moyens pour financer les festivals. On va discuter avec le Préfet, la sous-préfète et les gendarmes pour faire en sorte de maintenir cette diversité culturelle" indique Jérôme Tréhorel. 

Plusieurs organisateurs de festivals, dont les Vieilles Charrues, Panoramas et les Trans Musicales, ont prévu de se réunir la semaine prochaine afin de trouver des solutions pour alléger cette charge financière liée au maintien de l'ordre.  
 

A lire aussi

Sur le même sujet

toute l'actu musique

Les + Lus