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Depuis la naissance du septième art la Bretagne a accueilli des centaines et des centaines de tournages. Les paysages bretons servent souvent de simples décors mais ils sont aussi parfois un élément central du scénario et de l’intrigue.
 

La Bretagne, actrice du cinéma


Claude Chabrol


Claude Chabrol vient tourner pour la première fois dans notre région en 1969 pour Que la bête meure. Ce thriller policier est adapté du roman "The Beast Must Die" de Nicholas Blake.

L'histoire se déroule en Cornouaille anglaise, et c’est tout naturellement que Chabrol décide de la transposer en Bretagne, sur les conseils de son ami et scénariste Paul Guégauff. "Je ne connaissais pas la Bretagne et j’avais très envie de la connaître et on n’a jamais songé à aller tourner ailleurs".

C’est à Quimper que le réalisateur installe son intrigue, l’histoire d’un père (Michel Duchaussoy) qui décide de venger la mort de son fils renversé par un chauffard-fuyard sans scrupule (Jean Yanne).

Les paysages de Landes, la mer menaçante et la météo pluvieuse viennent ajouter de la tension au scénario et au climat très pesant de ce polar.

Que la bête meure reste dans les mémoires comme un des plus grands films de Chabrol.
 
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Quelques années plus tard il revient pour Le Cheval d’orgueil  (1980). Ce film, tiré de l’œuvre de Pierre-Jakez Hélias, raconte la vie des paysans du début du XXe siècle dans le pays bigouden.

En 1982 Chabrol réunit deux grandes stars, Charles Aznavour et Michel Serrault pour Les Fantômes du chapelier, une adaptation du livre de Simenon qu’il tourne à Concarneau.

En 1994 c’est à Saint-Malo qu’il vient faire son film La Cérémonie avec Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire.

Au total le réalisateur va réaliser sept films dans notre région. Dans chacun d‘entre eux il s’appuie sur l’environnement pour nourrir l’intrigue de ses œuvres.

 
La Bretagne au cinéma
 

La mer, les îles et le littoral


La Bretagne est souvent choisie pour son littoral ou pour ses îles. Parmi la longue liste on peut notamment citer : Les vacances de Monsieur Hulot, L’amour d’une femme,  Hôtel de la plage, L’équipier, Elisa, Les Seigneurs, Cornouailles, Trois jours à Quiberon...
 

Jean Epstein


Le premier à avoir mis la Bretagne et surtout les bretons en image est le réalisateur Jean Epstein. Cinéaste mais aussi poète et théoricien du cinématographe, Jean Epstein filme comme nul autre sa région de cœur et d’adoption pendant plus de 2 décennies.

Dans Finis terrae (1929), Tempestaire (1947), Chanson d’Ar-mor (1934) ou La Bretagne (1936) il s’attache à montrer la beauté des paysages, la rudesse de la mer mais aussi le mode de vie des habitants. Un vrai travail ethnographique.


Remorque


La vie des hommes de mer est aussi au cœur du film Remorques tourné entre 1939 et 1941. Jean Grémillon y met en scène le couple mythique Michèle Morgan-Jean Gabin dans le Brest de l’avant-guerre.

Jean Gabin interprète le capitaine du remorqueur, André Laurent, qui tombe amoureux de Catherine, la femme d’un autre capitaine. Sans doute le film le plus marquant du Brest cinématographique.
 

Conte d’été d’Eric Rohmer


Dans un tout autre la côte bretonne est également à l’honneur dans Conte d’été. Le film raconte les vacances bretonnes de Gaspard, un jeune musicien qui tombe amoureux de deux femmes.

À chacune d’elle Eric Rohmer associe une ambiance, un paysage. C’est à Dinard, Saint-Lunaire et Saint-Malo qu’Éric Rohmer, figure de la Nouvelle Vague, a tourné ce film, troisième volet de ses Contes des quatre saisons.
 
Cinema en Bretagne aujourd hui

 

Road movies


Les routes, la campagne et les villages bretons ont aussi eu leurs moments de gloire.
 

Manuel Poirier


Le réalisateur Manuel Poirier a eu un coup de cœur pour la Bretagne et c’est là qu’il a décidé de tourner trois de ses films : Western en 1997, Les femmes et les enfants d’abord en 2001 et Chemins de traverse en 2003.

Dans Western Paco et Nino marchent sur le bord des routes bretonnes. D’un côté Paco, l'Espagnol qui plait aux femmes et de l’autre Nino, le petit émigré russe. 

Ce road-movie raconte l'aventure de leur amitié et de leurs nombreuses rencontres.


Galettes de Pont-Aven


Henri Serin (Jean-Pierre Marielle), un représentant en parapluies de Saumur décide de quitter sa vie trop routinière pour partir vivre de peinture et d’amour en Bretagne.

Si dans le film le réalisateur accumule les clichés c’est un véritable road-movie qu’il déroule. Le personnage traverse en effet la campagne bretonne avant de venir s’échouer à Pont-Aven.

 
Cinema en Bretagne Locronan

 

Locronan, le décor historique idéal


Avec ses maisons en granit et ses ruelles pavées, Locronan offre un décor de cinéma idéal pour les films historiques et d’aventure. La ville des Tisserands a ainsi accueilli une trentaine de tournages de séries et longs-métrages.
 
Locronan petite cité de caractère est devenue un décor pour les tournages / © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/MAXPPP
Locronan petite cité de caractère est devenue un décor pour les tournages / © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/MAXPPP
 

Locronan, village anglais du XXe


En 1921 Henri Diamant-Berger tourne dans ces ruelles la suite des Trois mousquetaires. De cette époque il ne reste que peu de traces. Mais d'autres films sont restés dans les mémoires des habitants.

C'est le cas de Tess de Roman Polanski tourné en 1979 avec Nastasia Kinsky dans le rôle principal.

A l'époque Ronan Louboutin a 14 ans. Ses parents tiennent un café, qui va servir de base arrière à la production. Il se souvient : "On disposait de deux salles dont une recevait les costumes et le maquillage. Le soir ils passaient tous les rushes de la journée"

Mais pour les locronanais le plus impressionnant souvenir reste la transformation du bourg. Car l'action de Tess se déroule dans la campagne anglaise au début du 19eme siècle.

 

J'ai souvenir que Locronan s'était transformé en village anglais. Roman Polanski avec le soucis du détail s'est efforcé de transformer toutes ces maisons à l'anglaise et de recouvrir la rue de terre raconte Ronan.


"Ils avaient mis un mètre de terre et y'a eu terrible orage et ça a bouché les regards. Et ils ont aussi enterré les fils électriques" rajoute Clarisse Chipon, Présidente de l’association mémoires de Locronan.
 

Locronan sous la révolution
 

Dix ans plus tard c'est Philippe de Broca qui vient à Locronan pour tourner Chouans. Cette fois c'est la place de l'église qui fait un bond de 200 ans en arrière.

Pour les besoins du film l’équipe décoration avait construit une maison en bois et polystyrène pour redonner à l’a place son allure d’antan.

Clarisse : "Dans son Palmarès, Locronan peut se vanter d'avoir accueilli de nombreux autres longs métrages comme « pêcheurs d'Islande », « Chère Inconnue » ou  « Un long dimanche de fiançailles ».  Les réalisateurs de séries télévisés françaises et étrangères comme L’épervier (2011) ou Silas (télévision allemande) ont également trouvé ici les décors naturels parfaits pour leurs histoires de cap et d'épées."
 

Fort La Latte, star de cinéma


La côte d’émeraude et le littoral breton font de magnifiques décors naturels pour le cinéma.

Un lieu a accueilli de nombreux tournages c’est le château La Roche Goyon, appelé aussi Fort La Latte.


Un château fort  du Moyen-Âge


Le château de la roche Goyon est construit sur le cap rocheux  de la Latte au 14eme siècle par le seigneur de Matignon Etienne 3 Goyon. L’époque, marquée par la guerre de succession et les épidémies de peste, explique la nécessité de se protéger et de construire des places fortifiées.

Après un premier pont-levis se trouve la barbacane, une enceinte où se concentraient les soldats qui défendaient la place.

Un deuxième pont-levis permet d’accéder à l’intérieur de la forteresse où logeait le maître des lieux. Autour de la « haute cour » se trouvent ainsi le logis seigneurial, la salle de garde, la chapelle et le donjon  (construit vers 1365).
 

Du moyen-âge à la révolution / une place défensive stratégique


Au cours de sa longue histoire la Roche Goyon va être assiégé de multiples fois avant d’être abandonné au 16e.

Deux siècles plus tard Vauban en fait une place stratégique pour la défense de Saint Malo et à la fin du 18eme il abrite des révolutionnaires qui y construisent ce fourneau à réverbère. Son but : chauffer des boulets pour les envoyer sur les bateaux ennemis.


Le Fort La Latte, décor hollywoodien


En 1930 le château en ruines est racheté par la famille Jouon de Longrais qui lui redonne sa splendeur d’antan et font du lieu un décor de cinéma idéal pour de nombreux films historiques et d’aventure.

En 1950, c’est Hollywood qui débarque au Fort La Latte.

 
Cinema en Bretagne Fort La Latte

Le cinéma aujourd’hui en Bretagne


L’histoire du cinéma en Bretagne continue de s’écrire. Chaque année ce sont 15 à 20 longs métrages et 20 à 30 courts métrages qui sont tournés dans la région.

Pour attirer des films la Région Bretagne finance le bureau Accueil des tournages en Bretagne qui propose un catalogue de décors, infrastructures et professionnels aux producteurs et réalisateurs. On y recense pas moins de 360 techniciens  (régie, machinerie, décoration …), 260 comédiens et 65 prestataires.

Autre argument de la Région : des fonds d’aides dont le montant annuel s’élève à un peu plus de 3 millions d’euros par an.
 

Les derniers films tournés en Bretagne et primés:

 
  • Plaire, aimer et courir vite du réalisateur breton Christophe Honoré, sélectionné à Cannes en 2017 et récemment gratifié du prix Louis Delluc, le "Goncourt du 7e art".
  • Trois jours à Quiberon réalisé par Emily Atef et sélectionné à la Berlinale
  • Les bigorneaux d’Alice Vial qui a reçu le César du meilleur court-métrage