Grippe aviaire : des centaines de goélands retrouvés morts dans la Baie du Mont Saint-Michel

Publié le Mis à jour le
Écrit par Catherine Bazille avec Krystel Veillard

Depuis le début du mois d'août, des goélands toujours plus nombreux sont retrouvés morts sur la grève, touchés par la grippe aviaire. Alertée par des riverains, la préfecture a mis en place le 4 août dernier une zone de contrôle temporaire de 21 jours, pour surveiller la cause de mortalité des animaux.

L'alerte est venue de promeneurs. En arpentant la grève, des riverains de la Baie du Mont Saint-Michel ont découvert des cadavres de goélands et des oiseaux en souffrance. En nombre.

"Je partais jouer avec mes petits-enfants, on allait chercher des trésors dans la laisse de mer" raconte Jean-Luc Chistrel. "En guise de trésor, j'ai vu un, deux, trois, cinq goélands morts... je me suis mis à les compter." 

Plusieurs riverains, membres de l'Association Pays d'Emeraude Mer Environnement (APEME) ont aussitôt averti les pouvoirs publics.

172 oiseaux morts recensés jeudi dernier, une centaine lundi, 39 mercredi matin... des goélands touchés par la grippe aviaire selon une étude de la Préfecture qui a décidé de mettre en place une zone de contrôle temporaire de 21 jours.  

 

Selon les membres de l'APEME, l'Association Pays d'Emeraude Mer Environnement, l'épandage des moules sous taille, rejetées sur l'estran par les mytiliculteurs (car trop petites) auraient une part de responsabilité dans cette hécatombe.

La promiscuité des goélands favoriserait la transmission de la maladie.

"Vous voyez qu'il y a des concentrations très importantes d'oiseaux aux endroits où sont épandues les moules. Les goélands sont concurrents pour la nourriture, ils se donnent des coups de bec, ils se frottent. On a toutes les conditions pour accélérer les contaminations" souligne Marie Feuvrier, Présidente de l'Association Pays d'Emeraude Mer Environnement (APEME).

Du côté des mytiliculteurs, on réfute ces allégations. Les épandages de moules ont été autorisés par un arrêté préfectoral depuis mi-juillet dans une zone délimitée et pour des volumes précis.

Les mytiliculteurs réfutent toute responsabilité 

 

"Il y a plus de 10 Km2 de surfaces sur lesquelles on répand les moules sous taille. Ces mesures sont encadrées par l'administration. On n'a rien décidé de nous-mêmes. Je peux comprendre ces interrogations mais les goélands ont l'habitude de se regrouper dès qu'il y a de la nourriture. Quoiqu'on fasse" précise Sylvain Cornée, mytiliculteur et Président du Comité Régional de la Conchyliculture. 

Les maires désemparé(e)s

La Préfecture a demandé aux mairies concernées de prendre en charge la collecte des cadavres d'oiseaux et le transport vers des usines d'équarrissage. Une nouvelle mission à remplir en pleine saison estivale. 

Carole Cerveau, maire du Vivier-sur-mer s'estime démunie. "On a du mal à effectuer tous les ramassages" explique-t-elle. 

Afin de surveiller ces contaminations d'oiseaux, la Préfecture a mis en place depuis le 4 août, une zone de contrôle temporaire de 21 jours pour 34 communes de la Côte d'Emeraude. 

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