Arnaud Montebourg s’associe avec un (premier) éleveur breton pour lancer sa marque de glace bio

Arnaud Montebourg lors de l'inauguration d'une boutique "Vive la France". / © Bruno Levesque/Maxppp
Arnaud Montebourg lors de l'inauguration d'une boutique "Vive la France". / © Bruno Levesque/Maxppp

Après avoir lancé des marques de miel et d'amande "origine France garantie", l'ancien ministre de l'Économie Arnaud Montebourg veut s’associer avec des éleveurs laitiers pour fabriquer et vendre des glaces fermières bio. Son premier partenaire est une ferme d’Ille-et-Vilaine.
 

Par E.N avec AFP


"La Mémère", comme l'a baptisée M. Montebourg, est "une marque de glace équitable 100% bio, qui se fabrique chez l'éleveur laitier, qui transforme son propre lait en glace, sous la direction technique d'un meilleur ouvrier de France", David Wesmaël", a-t-il expliqué à l'AFP.

"Le lait est issu de la ferme, la glace est transformée à la ferme, la vente se fait à la ferme et ailleurs, et nous, on assure le "ailleurs", a ajouté M. Montebourg. Monoprix a d'ores et déjà accepté de référencer ces glaces, selon l'ancien ministre, en discussion avec d'autres enseignes de la grande distribution.

Particularité de cette initiative, M. Montebourg n'a pas choisi de contractualiser auprès des éleveurs, mais de s'associer avec eux. La Compagnie laitière des glaces paysannes, qu'il préside, monte avec l'exploitation agricole une société par actions simplifiée au capital de 10.000 euros, dont l'éleveur apporte 51%, soit 5.100 euros. La société de fabrication de glace achète 80 centimes le litre de lait, sur un contrat garanti de cinq ans. L'agriculteur, qui est le président de la société, contractualise avec lui-même.

Il apporte son travail, nous apportons le capital.

"Ce n'est pas nous qui achetons le lait, c'est lui qui se l'achète à lui-même", indique M. Montebourg, qui ajoute: "il apporte son travail, nous apportons le capital". Car les éleveurs "n'ont pas les moyens d'investir dans un outil de fabrication de glace. S'ils le font, ils seront surendettés et ne pourront pas vendre suffisamment en vente locale pour rentabiliser", précise-t-il.


Son premier associé est Breton

Une ferme d'Ille-et-Vilaine est pour l'instant associée avecArnaud Montebourg, en pourparlers avec deux autres exploitations: "on prend une ferme après l'autre, nous voulons mailler toute la France de ces ateliers". Sa société finance notamment le container recyclé, équipé d'un stockage en surgélation et d'un laboratoire prêt à fonctionner, placé chez l'éleveur. Avec la première ferme, M. Montebourg prévoit de fabriquer dans un premier temps 100.000 pots d'un demi-litre à l'année.


Un secteur qui suscite déjà d'autres appétits

Face à lui, le réseau Invitation à la ferme, qui regroupe une quarantaine d'exploitations, a également décidé de se lancer dans ce marché émergent de la glace bio paysanne, en circuit court. Une ferme, elle aussi d'Ille-et-Vilaine, est pour l'instant engagée dans cette démarche, mais "il y en aura très vite d'autres", indique le réseau, qui ne communique pas sur l'objectif en matière de volumes. Contrairement à l'initiative dont M. Montebourg est partenaire, ici, "c'est la ferme qui est propriétaire de tout", indique le réseau.
           
L'agriculteur bénéficie avant tout d'un accompagnement dans le montage du business plan, et dans les démarches auprès des banques. Les éleveurs d'Invitation à la ferme ont décidé en octobre dernier de s'auto-payer 0,56 euro le litre de lait en 2020.



 

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