En Ille-et-Vilaine, Pipriac teste le dispositif "zéro chômage"

Ce mercredi, l'Assemblée a voté à l'unanimité l'expérimentation "Zéro chômage de longue durée". En Bretagne, à Pipriac, 120 demandeurs d'emploi ont ainsi pu renouer avec le monde du travail. Le dispositif a 5 ans pour prouver son efficacité avant de pouvoir être généralisé. 

À Pipriac, un SMIC plutôt que des allocations chômage...
À Pipriac, un SMIC plutôt que des allocations chômage...
L'expérimentation de territoires "zéro chômage" de longue durée, au centre d'une proposition de loi socialiste dépeinte comme "une utopie réaliste", a été votée mercredi soir à l'unanimité à l'Assemblée nationale.

Défendu par Laurent Grandguillaume, ce texte inspiré par l'association ATD, Quart Monde, qui travaille sur le projet depuis plusieurs années, et soutenu par d'autres associations (Emmaüs, Secours Catholique, Fnars, pacte civique, Bleu Blanc Zèbre...), a obtenu l'aval de toute la gauche, comme de l'UDI et des élus Les Républicains.

Réafecter les dépenses liées au chômage

Au cœur du projet: une expérimentation législative, pendant cinq ans, dans dix micro-territoires volontaires, de l'embauche en CDI, payé au Smic, de chômeurs de longue durée dans une entreprise développant une activité dans l'économie sociale et solidaire, via la réaffectation des dépenses liées au chômage. Des emplois identifiés qui vont des travaux de maraîchage ou forestiers, à l'aide à domicile, en passant par des travaux dans les campings.

En Bretagne, Pipriac n'a pas attendu la loi

En Ille-et-Vilaine, Pipriac est l'une des cinq communes qui depuis quelques mois déjà teste ce dispositif en impliquant tous les acteurs (élus locaux, Pôle emploi, etc.). Les quatre autres sont Grand Mauléon (Deux-Sèvres), Prémery (Nièvre), Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle) et Jouques près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

Pipriac teste le dispositif "Zéro chômage de longue durée"


Entendu ce mercredi à l'assemblée :

"Pour ouvrir le chemin d'une espérance nouvelle, il faut porter des utopies réalistes face aux injustices", selon Laurent Grandguillaume, qui a souligné dans l'hémicycle que l'emploi est un "lieu central de dignité". Dans une France où "existe parfois une forme de résignation, qui se conjugue aussi à une défiance envers les institutions", cet élu socialiste vante l'action des citoyens voulant, dans les territoires, "réenchanter la vie de la cité".

"Nous ne devons exclure aucune bonne idée dans la bataille contre le chômage", a fait valoir devant les députés la ministre du Travail et de l'Emploi, Myriam El Khomri, rappelant que près de 2,5 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi (en catégorie A, B ou C) depuis au moins 12 mois, le chômage de longue durée étant un "fléau".

Alors que M. Grandguillaume estime que la proposition doit mobiliser un peu plus de 10 millions d'euros par an, la ministre a indiqué que pour la première année, l'Etat - dont l'engagement financier "viendra compléter celui d'autres partenaires, collectivités organismes publics ou privé" - pourra consentir "un effort exceptionnel", qu'elle n'a pas chiffré.  "Il faut être humble devant le chômage"

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