Guipel. Un Café des possibles, le commerce multiservices fragilisé par la crise sanitaire

Dans le nord de L'Ille-et-Vilaine, Un Café des possibles, jeune société coopérative d'intérêt collectif et solidaire se retrouve en manque de trésorerie avec la crise sanitaire. Elle espère pouvoir bénéficier du fonds d'urgence initié par la Secrétaire d'Etat Olivia Grégoire. 

Un café des possibles à Guipel, un café solidaire fragilisé par la crise sanitaire
Un café des possibles à Guipel, un café solidaire fragilisé par la crise sanitaire © A. Billet - France Télévisions

Yves, Damien et Ludovic voulaient créer de la vie, et du lien en milieu rural. Au printemps 2018, les trois copains ouvrent un commerce multiservices dans le bourg de Guipel qui comprend 1800 habitants. Un café des possibles voit le jour, des concerts y sont aussi organisés. Aujourd'hui, l'épicerie-café-restaurant tourne à un autre rythme avec la crise sanitaire. La cuisine fonctionne, seulement pour la vente à emporter. 

Pour nous, c'est un outil au service du développement local, de la redynamisation des coeurs de bourg.

Ludovic Thomas

Ici, les consommateurs sont souvent plus que de simples clients. Christophe est l'un des membres de cette société coopérative d'intérêt collectif. Ils sont en tout 98 sociétaires. "Il n'y avait plus d'épicerie ici, le fait que ce soit une coopérative, ça fait revenir de la vie dans le village, c'est pour ça que j'ai adhéré tout de suite", raconte-t-il. 

Un café des possibles sur le fil

Avec la partie bar-restaurant qui ne tourne plus, la seule marge de bénéfice se fait du côté de l'épicerie, mais ce n'est pas suffisant. "2020 aurait dû être l'année de la confirmation et de la consolidation de notre modèle financier", confie Damien. Il ajoute : "Quand bien même l'épicerie reste ouverte, la rentabilité n'est pas au rendez-vous. Cette année, on aurait pu confirmer un chiffre d'affaire en hausse, mais on se retrouve sur la sellette." Le café affiche 18 000 euros de déficit.

Pour eux, impossible de bénéficier des aides d'Etat annoncées jusqu'alors. Ils ne rentrent pas dans les cases. 

Un fond d'urgence annoncé

Fin janvier, lors de sa venue à Rennes, Olivia Grégoire, Secrétaire d’Etat chargée de l’Economie Sociale et Solidaire a annoncé un fonds d’urgence de 30 millions d’euros promis cet automne. Cette mesure est destinée en priorité aux petites structures de l’économie sociale et solidaire, avec 10 salariés et moins.

La somme peut aller jusqu'à 5000 euros pour des associations de moins de 3 salariés, jusqu'à 8000 euros pour les structures de 3 à 10 salariés. "Je parle ici d'aide directe, non remboursable, ce n'est pas un prêt. C'est une aide directe pour leur permettre de passer le cap, dans une situation très complexe pour elles" a insisté la secrétaire d'Etat.  


Olivia Grégoire a aussi lancé un guichet unique pour ces petites entités, afin de leur donner les moyens d’activer les aides auxquelles elles ont par ailleurs droit, celles mises en place depuis le début de la crise sanitaire. Un Café des possibles pourrait se voir allouer 5000 euros. 

 

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