20 à 40 patients chaque matin sur des brancards : “l’été sera horrible”. Le cri d'alarme du responsable des urgences de Rennes

Trop de patients en attente de soins sur des brancards, trop de services des urgences fermés : le professeur Soulat, chef du Samu 35, alerte sur les risques pour les patients et les médecins pour cet été 2023. "Une situation pire que l'été dernier" redoute l'urgentiste d'Ille-et-Vilaine.

“La nuit dernière, j’ai encore eu 15 patients qui ont fait plus de 60 kilomètres en ambulance pour venir au service des urgences de Rennes” s’étrangle le docteur Louis Soulat, chef du Samu 35. Le médecin en charge des urgences du département s’insurge contre les fermetures des services d’urgence sur son territoire ainsi que sur la prise en charge des patients. “L’été sera horrible pour les patients et les médecins” soupire Louis Soulat.

“Chaque matin, on compte 20 à 40 patients qui ont passé la nuit sur des brancards”.

Professeur Louis Soulat,

chef du Samu 35

Ce lundi 3 juillet 2023, les praticiens hospitaliers se mettent en grève pour dénoncer la saturation dans les hôpitaux et la non-reconnaissance de leur profession. “Les jeunes médecins ne veulent pas rester travailler à l’hôpital” fait valoir celui qui assure la régulation des urgences en Ille-et-Vilaine.

“À 18h, nous bloquerons les ambulances”, un geste symbolique pour exprimer leur exaspération de devoir utiliser les brancards comme des lits d’hôpitaux.

“Chaque matin, aux urgences du CHU de Rennes, nous avons 20 à 40 patients qui ont passé la nuit sur des brancards. Ce n’est plus possible”. Le professeur Louis Soulat refuse de s’habituer à cette réalité qui met en danger les patients.

“Nous savons que le risque de mourir est plus élevé pour les patients qui attendent une nuit sur un brancard” souffle l’urgentiste. Une étude du syndicat Samu Urgences de France présentée en juin 2023, indique que la surmortalité est de 46%. 

Zéro patient sur des brancards : mission (im)possible

L’opération “zéro patient sur des brancards” voulue par les praticiens urgentistes va imposer aux patients de rester dans les ambulances. “Pour nous, les patients sont plus en sécurité dans les ambulances médicalisées que sur des brancards” assure le chef des urgences 35. “Bien sûr, cela peut bloquer le système… Les ambulances ne pourront plus aller chercher de nouveaux patients. Peut-être que l’ARS va enfin nous entendre”.

Cette action est une tentative pour les médecins d’obtenir une meilleure reconnaissance par l'Agence Régionale de Santé de leurs conditions de travail. “C’est la seule chance de pouvoir garder du personnel et d’arrêter de fermer des services”. Pour le professeur Soulat, “il faut permettre de retrouver une attractivité à la profession”.

Redon, Vitré, Fougères, Cesson-Sévigné : des services d’urgence fermés, une situation pire que l’été dernier

“Nous sommes sur une situation particulièrement terrible pour les patients” redoute le professeur Soulat. “Cet été en Ille-et-Vilaine, les urgences de nuit sont fermées à Redon, Vitré et Fougères pour juillet et août. Et les urgences de Cesson seront fermées en août”. Pour le médecin, les patients seront amenés à faire plus de 60 kilomètres dans des ambulances pour ensuite patienter sur des brancards.

“Pour les gens qui auront besoin des urgences, la situation sera catastrophique. Pour les médecins qui travailleront cet été, la situation sera terrible" conclut le spécialiste.

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