La basilique Saint-Sauveur de Rennes occupée par des militants du droit d'asile

Des militants du collectif de soutien aux sans-papiers ont investi la basilique Saint-Sauveur, ce mardi 14 juillet, à Rennes. Ils souhaitent attirer l'attention sur le sort d'une soixantaine de migrants, toujours contraints de dormir dans la rue. 
Le collectif d'associations rennaises de droit au logement a investi la basilique Saint-Sauveur
Le collectif d'associations rennaises de droit au logement a investi la basilique Saint-Sauveur © B. Le Vaillant - France Télévisions
Après l'Etat et la municipalité, le Collectif d'associations rennaises de droit au logement a choisi d'interpeller cette fois le diocèse, en jetant son dévolu sur la basilique Saint-Sauveur. Une trentaine de personnes ont investi les lieux dans le calme, et au moins une quinzaine de sans-papiers s'apprêtent à dormir dans la basilique, dont deux avec enfants. Cette occupation est la cinquième menée depuis une semaine par plusieurs associations rennaises (Collectif de soutien aux sans-papiers, Un toit c’est un droit, le Groupe Logement 14 octobre, le Planning familial ou le syndicat Solidaires). Les militants demandent au diocèse de prendre sa part du problème.

Pour Yann Richard, vicaire de la paroisse Saint-Etienne de Rennes cathédrale, présent sur les lieux, " il n'est pas possible d'occuper une église et encore moins la basilique. Il y a des gens qui viennent régulièrement pour la messe, pour se recueillir et sur place il n'y a pas de douches, de cuisines..."

"Des solutions ont été trouvées pour des familles avec enfants mineurs mais pas pour les autres, les célibataires ou les familles sans enfants mineurs, explique Marie, du collectif "Un toit c'est un droit". On est venus à la rencontre du Diocèse pour voir s'ils acceptaient de les loger dans le futur."


"Occupations amies"


Ces actions ont commencé le 8 juillet dernier lorsque les militants ont investi la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), une émanation de l'Etat. Délogés par les forces de l'ordre, les défenseurs des sans-papiers ont revu leur stratégie : ils ciblent désormais des institutions plus compréhensives, comme le Centre Chorégraphique National, qui a accepté de loger sept personnes pour quelques jours dans un appartement qu'il possède. Une vingtaine de militants avaient également investi l’Opéra et l'Hôtel-Dieu, afin de se faire entendre de la municipalité. Ils ont d'ailleurs obtenu un rendez-vous, demain mercredi, avec la mairie.


Objectif : interpeller les pouvoirs publics 


Selon le Collectif, environ soixante personnes dorment actuellement dans la rue, faute d’hébergement. Certains sont des demandeurs d'asile qui théoriquement devraient être hébergés par l’Etat en attendant l’examen de leur situation par l’OFPRA, l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides. Mais les possibilités d'hébergements sont insuffisantes, à Rennes, et les militants exhortent l'Etat à trouver des solutions pérennes. Durant la période de confinement, la majorité des sans-papiers ont été mis à l’abri dans des CADA (Centres d’accueil de demandeurs d’asile) ou des hôtels. Mais avec la fin de la trêve hivernale, le 10 juillet, certains risquent de se retrouver très vite dehors et de venir grossir les rangs des nouveaux arrivants.


Des militants très actifs


Les militants qui défendent les migrants sont particulièrement actifs à Rennes. Le 20 juin, malgré l'interdiction préfectorale, ils étaient environ 150 à se rassembler à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés pour réclamer la régularisation des migrants qui vivent sans papier en Bretagne. Ils avaient aussi bloqué le centre de rétention administrative (CRA) de Rennes, le 29 juin, jour officiel de sa réouverture.

 
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