Blocage du dépôt pétrolier de Vern par les Gilets jaunes : "les chauffeurs routiers doivent entrer dans le mouvement"

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Depuis dimanche soir, les Gilets jaunes bloquent les ronds-points donnant accès au dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche près de Rennes. Ce lundi matin, une trentaine de manifestants filtrait les voitures et bloquait les poids-lourds. Ils veulent que les chauffeurs routiers entrent dans le mouvement.


Si le dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche n'est pas pas bloqué directement par les manifestants, tous les accès étant perturbés, aucun poids lourd n'y accède. Au rond-point de la Croix-Rouge, une trentaine de Gilets jaunes se relaie pour filtrer les véhicules sur chaque entrée du rond-point et principalement la route Rennes-Angers dans les deux sens. Ils laissent passer les automobilistes en voiture particulière "pour qu'ils puissent aller au travail"  mais bloquent les poids-lourds qui se sont aventurés. Depuis, des déviations ont été mises en place. Près de 200 camions sont ainsi à l'arrêt, en file indienne dans les deux sens. Deux fourgonnettes de gendarmerie sont stationnées devant l'entrée du dépôt.

"Je suis bloqué depuis 3 h du matin et je ne sais pas quand je vais pouvoir bouger mon camion. Je devais livrer ma cargaison à Fougères ce matin" explique ce chauffeur en provenance du Maine-et-Loire. "Il faut prendre son mal en patience".  

Des Gilets jaunes qui restent déterminés ...

Dans une ambiance bon enfant, les manifestants se réchauffent autour d'un feu de palette et avec un café. Certains d'entre eux ont passé la nuit dans le froid. Dans leurs rangs, la détermination semble être toujours de mise. Des riverains leur apportent du café ou mettent à disposition des rallonges électriques pour recharger les téléphones portable.

Dominique, 51 ans, est chauffeur routier. Il fait la circulation avec son drapeau breton. "Stop aux taxes, racket, Macron dégage, tu es foutu", est inscrit sur sur son gilet.

Céline, 41 ans, patiente en doudoune et survêtement dans le froid. "Je donne un quart de mon salaire pour faire le plein de gazole, je ne veux pas compter mes sous chaque jour", soupire-t-elle. 

Pour Jean-Yves, retraité, il est normal d'être là : "C'est avant tout pour défendre l'emploi pour les jeunes". Pour lui, dont "la retraite a été amputée de 70 euros par mois", les propos du premier ministre Edouard Philippe dimanche soir, sont "la plus grande déception des Français". "Il ignore le problème. Il a son salaire assuré et il n'a pas besoin de voiture pour aller travailler car il a une voiture de fonction". "On va rester la semaine et plus si nécessaire" ajoute-t-il.


... mais dans l'attente d'une mobilisation plus grande

Pour Gaetan, l'un de ceux qui coordonnent les opérations de blocage sur Rennes, il faut que les chauffeurs routiers entrent dans le mouvement d'où la raison du blocage des poids lourds ce matin. 
Ce matin, sur franeinfo, la ministre des Transports Élisabeth Borne a affirmé que les routiers ne souhaitaient pas rejoindre le mouvement : "On a rediscuté avec toutes les organisations de transport routier, elles ne souhaitent pas qu'on fasse des amalgames, elles ne souhaitent pas rentrer dans ce mouvement des 'gilets jaunes'"