Bretagne : faute de clients, ces commerçants invitent à sourire, se serrer les coudes et relativiser !

Des peluches en guise de clients autour de leurs tables, des coiffeurs et coiffeuses qui se mettent à poil... Contraints de fermer leurs établissements durant ce second confinement, des commerçants rivalisent d'inventivité. Objectif : sourire, aider et relativiser.
De gros oursons en peluche ont remplacé les clients dans quelques restaurants rennais contraints à la fermeture durant ce 2ème confinement
De gros oursons en peluche ont remplacé les clients dans quelques restaurants rennais contraints à la fermeture durant ce 2ème confinement © S. Grammont/France Télévisions

"C'est anecdotique, ça fait sourire dans cette période tristounette." Isabelle, comme de nombreux passants ne reste pas de marbre devant la vitrine du restaurant Les Brocanteurs, dans le centre-ville de Rennes. "La pièce est remplie, il y a de la présence, décrit Patrick. C'est impressionnant, ils sont gros, c'est comme une assemblée !" 
 

Un peu de douceur dans ce monde brutal


À la place des clients, qui n'ont plus de droit de cité en période de confinement, d'énormes peluches sont attablées. "Un ami m’a parlé de ces nounours qui avaient envahi un quartier de Paris, j'ai tout de suite adoré l’idée" explique Bertrand Saint-Yves, gérant d'une vingtaine de restaurants rennais et nantais.
 
Derrière la vitrine du restaurant, des ours en peluche "énormes" siègent à la place des clients.
Derrière la vitrine du restaurant, des ours en peluche "énormes" siègent à la place des clients. © S. Grammont / France Télévisions

Achetée à un ami brestois commerçant, une cinquantaine de nounours d'1m30 de haut trône ainsi dans trois de ses restaurants. "L'idée c'est de dédramatiser ce qui nous arrive. La vie ne s'arrête pas net. C'est un clin d'oeil à la vie d'avant."

Clin d'oeil qui ne passe pas inaperçu à l'heure où tous les restaurants sont fermés pour cause de confinement. En attendant de nouvelles annonces, les peluches restent à table et, quoi qu'il arrive, elles seront données, la veille de Noël, à une association qui s'occupe d'enfants malades ou défavorisés. "Faut se serrer les coudes ! C'est tellement triste de voir tout fermé en cette période de Noël. Je veux faire plaisir aux gamins."
 

"Nos salons, c'est plus que notre gagne-pain !"

 
Autre image, pour le moins parlante, qui circule sur les réseaux sociaux : certains coiffeurs ont décidé de poser nus. "Les coiffeurs sont à poils !" Nus, sans clients, leurs salons sont fermés pour la deuxième fois depuis le printemps. "Nous sommes sans rien, dans des salons qui sont plus que nos seuls gagne-pain, ce sont nos bébés."

Répondant à l'appel de confrères normands #moncoiffeurapoil, la Costarmoricaine Aurélie Jaffrot a décidé de poser avec Justine, une de ses salariées, qui a perdu son emploi suite au premier confinement. "Le but, c'était d'interpeller, ça a marché !" Réactions et commentaires défilent. Tous ne lisent pas le texte qui accompagne la photo. "On voulait que les gens prennent conscience que derrière chaque petit commerçant, il y a une famille, des vies... Nos actions et achats ont un sens, les consommateurs ont du poids s'ils y pensent," développe la commerçante.
 
Quelques jours avant le début de ce second confinement, Aurélie venait de quitter Ploufragan pour installer son salon à Plérin. "J'ai dû fermer dix jours le temps de déménager. J'espérais travailler plus pour compenser. On a ouvert dans nos nouveaux locaux le 19 octobre."

La situation est critique, mais la coiffeuse veut relativiser. Déjà, la santé avant tout : "Quoi de plus précieux que la vie humaine !" Et puis elle a confiance en ses clients : "Après le premier confinement, ça a été quasiment Noël jusqu'à fin août. Les gens avaient envie et besoin de transformation : nouvelle coupe, changement de couleur... On a bossé énormément."
 
Aurélie espère maintenant travailler en décembre, un "gros mois habituellement".


La solidarité s'affiche !


Dans ce contexte sanitaire morose, certains préfèrent donc positiver et se serrer les coudes. C'est le cas de Sandrine Valo, boulangère à la Chapelle-Des-Fougeretz, près de Rennes. "C'est en voyant mes collègues tristes de devoir fermer que j’ai décidé de mettre la vitrine de mon magasin à leur disposition." 

Tel un énorme panneau d'affichage, la vitrine de la boulangerie, située en plein centre-bourg, accueille ainsi depuis dix jours de nombreux messages : "Il y a le restaurateur qui fait des plats à emporter, le fleuriste, mais aussi le coiffeur qui peut vendre des produits..."
 
Et comme la vitrine de la boulangerie est grande, Sandrine a ajouté les coordonnées et horaires de tous ces commerçants moins visibles durant le confinement.
Ça ne mange pas de pain un peu de solidarité !
 
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