Covid-19. Des heures d'attente avec les enfants, des centres débordés : la stratégie des tests interroge

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Écrit par Valérie Chopin
File d'attente impressionnante au centre de dépistage du centre culturel le Triangle lundi 10 janvier à Rennes.
File d'attente impressionnante au centre de dépistage du centre culturel le Triangle lundi 10 janvier à Rennes. © D.R.

Ce lundi matin, un nouveau centre de dépistage au Covid-19 a ouvert ses portes au centre culturel le Triangle de Rennes. En quelques minutes, plus de 500 personnes attendaient dans le hall. Devant les pharmacies et les laboratoires, dans les files d'attentes, la stratégie gouvernementale inquiète et interroge.

"Trop de monde, trop risqué". Ce lundi matin, Solène a fini par rebrousser chemin. Avec sa fille de 6 ans et son bébé, cette maman est venue comme beaucoup d'autres parents au nouveau centre de dépistage installé provisoirement dans le centre culturel rennais le Triangle.

"On a appris samedi soir que notre fille était cas contact. On a fait un autotest dimanche, mais ce matin, elle a été refusée à l'école" raconte cette mère de famille dépitée.

"Jusqu'à 3h d'attente"

D'après le nouveau protocole en vigueur, les enfants déclarés cas contact doivent en effet présenter un test PCR ou antigénique négatif pour retourner dans leur établissement. À J+2 et J+4, il leur faut aussi présenter un autotest négatif.

Résultat : des centaines de personnes attendent depuis ce lundi matin, pour faire tester leurs enfants dans ce centre qui vient d’ouvrir dans le quartier du Blosne à Rennes. 500 tests par jour doivent y être réalisés, mais la file d'attente est longue : plus de 500 personnes attendaient leur tour dès 10h dans le hall du Triangle.

"On nous a annoncé une file d'attente de 3h minimum" complète Antonin dont le fils est aussi cas contact. "Je pense que ce sera un peu moins, mais avec des enfants en bas âge, c'est assez délicat... Heureusement qu'on a pensé à la poussette et quelques trucs à manger !"

La stratégie sanitaire en question

Depuis plusieurs jours, les files d'attentes s'allongent devant les centres de dépistages, pharmacies et laboratoires. "On ne savait même pas où commençait la fil d'attente" raconte Solène. "Tout le monde se croisait, les enfants, qui sont tous des cas contact, se côtoient sans porter de masque... Ca pose question !" poursuit la maman qui a finalement trouvé un rendez-vous pour mardi matin, "à force de "harceler les infirmières débordées".

Une ruée vers les tests qui fait chauffer depuis plusieurs jours, le logiciel SI-DEP d'enregistrement des résultats. "On nous a annoncé que le délai d'attente des résultats sera plus long que prévu à cause du logiciel national qui tombe en rade" poursuit Antonin. "On espérait remettre notre fils à l'école à 13h20, l'heure autorisée pour intégrer l'établissement, mais à cette allure-là, ça va être juste !"

"La galère..."

Faute d'école, il faut donc souvent garder soi-même son enfant, parfois tout en étant planifié en télétravail... "C'est la galère quand on est parent, franchement c'est loin d'être facile !" témoigne Solène.

Du côté des services municipaux, on ne s'attendait pas à une telle vague. "Les besoins sont considérables, reconnaît Nathalie Appéré la maire de Rennes. Les parents sont démunis face au protocole, les équipes enseignantes aussi..." La protection civile d'Ille-et-Vilaine a été sollicitée pour "libérer les laboratoires qui sont saturés."

"Faut qu'on se calle, mais ça va aller", rassure Frédéric Bridolleau, son responsable lors d'un échange avec la maire de Rennes juste avant l'ouverture du centre. Ce lundi matin, il disposait sur le site du Triangle de 3.000 tests antigéniques. "Il faut que j'aille à l'hôpital chercher des masques et des gants car on va beaucoup en consommer, et puis au fur et à mesure je ferai des navettes pour aller chercher du matériel..."

Débordés, les services de protection civile font au mieux, mais avec des moyens limités. Au total, douze personnes sont mobilisées dont huit médiateurs de la Protection civile et quatre professionnels de santé. "On espère pouvoir accepter un maximum de monde, mais on a une capacité maximum de 500... A un moment on va être obligé de stopper et demander aux gens de revenir demain matin" annonce à regrets Frédéric Bridolleau qui espère voir les choses se calmer dans les jours qui viennent.

Sur les 25 premiers tests réalisés ce matin au Triangle, 5 étaient déjà positifs.

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