CULTURE. Maël Le Goff perd la direction du Théâtre de l'Aire Libre

Publié le Mis à jour le
Écrit par V. Chopin et S. Salliou

La maire de Saint-Jacques-de-la-Lande a tranché : le Centre de Production des Paroles Contemporaines (CPPC) ne va plus s'occuper de la programmation du Théâtre de l'Aire Libre. Un autre projet artistique (celui du "joli collectif" responsable du Théâtre de Poche d'Hédé-Bazouges) lui a été préféré. Une décision qui fait suite aux nombreuses questions liées à la gestion du CPPC.

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Changement à la tête du Théâtre de l'Aire Libre ! Après dix ans d'exercice au sein de la structure culturelle de Saint-Jacques-de-la-Lande, Maël le Goff, son directeur, va devoir faire ses valises. La mairie de Saint-Jacques-de-la-Lande a en effet décidé de confier la délégation de service public à une autre structure : le joli collectif.

"On a été séduit par la candidature de joli collectif, parce qu’elle répondait à notre politique en matière d’action culturelle et en matière d’éducation artistique" justifie Marie Ducamin, la maire de Saint-Jacques-de-la-Lande en conférence de presse ce jeudi après-midi. "Le joli collectif propose aussi une programmation très diversifiée, étoffée et ambitieuse."

Le "jeu" des candidatures

L'élue dit avoir reçu trois propositions, dont une du Centre de Production des Paroles Contemporaines, le CPPC qui occupe la place depuis 2012. "Cela aurait pu se poursuivre avec lui, mais c'est le "jeu" des candidatures..." répond l'édile qui tient à ce que les guillemets entourent le terme de "jeu". 

Pourquoi ne pas avoir poursuivi avec le CPPC qui avait déjà enchaîné deux "DSP" (ndlr : délégations de service public) entre 2014-2018 puis 2018-2022 ? La question se pose d'autant plus que la structure a beaucoup fait parler d'elle ces derniers mois...

En conseil municipal, la gestion de l'Aire Libre a plusieurs fois fait l'objet de débats. Une gestion, qui a aussi surtout été pointée du doigt, en juillet 2021 par la Cour des comptes de Bretagne. La chambre régionale de la Cour des comptes avait publié un rapport soulignant le risque de conflits d'intérêts, ainsi que des dépenses excessives de l'association gestionnaire du festival Mythos, le MeM et le Théâtre de l'Aire Libre.

A la question de savoir si la polémique qui a suivi la sortie de ce rapport avait pesé dans sa prise de décision, la maire de Saint-Jacques-de-la-Lande élude : "De toute façon, la délégation de service public prenait fin en 2022, donc il fallait la renouveler."  Elle ajoute que l’offre proposée par le CPPC était "intéressante et répondait à notre cahier des charges. On aurait pu la retenir, mais un autre candidat avec une meilleure offre s’est proposée. C’était une opportunité qu’on ne pouvait pas refuser."

"Aucune remise en question de tout ce qui a été accompli" mais...

La maire jacolandine se dit consciente que "la période est difficile pour le CPPC". Elle poursuit : "Il n’y a aucune remise en question de ce qu’ils ont fait, ils ont développé le théâtre qui est aujourd’hui, bien repéré et bien identifié. Et on les en remercie pour ça. On sait que ce sont des acteurs culturels importants pour la métropole, pour le département, pour la région et même au niveau national."

Les journalistes insistent : Pas de lien donc entre sa décision et la gestion du CPPC pointée du doigt par la Cour des Comptes ? Marie Ducamin précise : "Quant à leur gestion, c’est vrai qu’il y a une rigueur importante qui s’impose et qui n’est pas toujours facile à comprendre. Les flux des subventions doivent être extrêmement bien fléchés. On a été attentif à cet aspect-là des choses et la candidature de joli collectif à ce point de vue aussi, été très solide" répond la maire.

 A ses côtés, les heureux sélectionnés ne bronchent pas : "Nous allons travailler dans la continuité, explique Jenny Dodge, une des membres du joli collectif.

Du Théâtre de Poche à l'Aire Libre

Le joli collectif n'est pas inconnu dans le pays culturel rennais. C'est lui qui porte depuis treize ans le Théâtre de Poche d'Hédé-Bazouges. Un festival dont il va devoir quitter la direction : "On ne cumule pas" précisent en chœur ses trois représentants présents en conférence de presse. "On travaille pour léguer la structure" complète Vincent Collet qui précise qu'il s'agit là-bas d'une "convention pluriannuelle collective (CPO). Dix salariés y travaillent pour l'instant, la moitié devrait rester.

Concernant leur projet pour l'Aire Libre de Saint-Jacques-de-la-Lande : "L’idée aujourd’hui, c’est de pouvoir développer le projet du joli collectif tel qu’il existe à Hédé-Bazouges" explique Jenny Lodge. "Chaque histoire est amenée à évoluer, à être renouvelée. On veut être vigilants à faire perdurer la qualité du projet qu’ils ont porté jusqu’à présent. Nous allons écrire une autre histoire, mais on ira doucement, on n’arrive pas en rupture mais plutôt dans un prolongement."

Du changement, et quelle continuité ?

Une chose est sûre : le nouveau délégataire arrive à Saint-Jacques-de-la-Lande dès début janvier. La saison, telle que programmée par le CPPC se poursuit jusqu'à l'été. L'avenir des huit salariés 1/2 qui travaillent en ce moment à l'Aire Libre va donc se préciser dans les prochains mois, comme la programmation de la saison 2023/2024. Des spectacles que le joli collectif veut encore plus accessible. Cela devrait passer par une nouvelle politique tarifaire.

Que va, quant à lui, devenir le CPPC ? L'association perd soudain un de ses trois piliers. Les deux autres : le MeM et le festival Mythos seront-ils indirectement touchés par la décision jacolandine ? A l'heure où nous bouclons cet article, aucun membre de la direction n'a répondu à nos sollicitations.

La proposition du joli collectif, retenue par la maire de St-Jacques-de-la-Lande, sera elle présentée et proposée le 12 décembre au conseil municipal.

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