Expression politique et courant du street-art chilien, le muralisme s'invite à Rennes : "il faut sensibiliser les étudiants à ce versant artistique souvent méprisé"

Jotapé est un street-artiste de renom. Ce Chilien est invité en résidence à Rennes pendant 15 jours, il peint sa métaphore du savoir sur un bâtiment de l’école d’ingénieur de l’Université.

"À gauche, c’est une partie plus organique avec du feu et des courbes. À droite, là où regarde le personnage, c’est nous en train de faire de la science et d'acquérir des connaissances." Juan Pablo Gatica Morales, Jotapé de son nom d’artiste, est un muraliste chilien. Le pinceau à la main, il nous décrit "La Source", le nom de l'immense fresque murale qu'il peint sur un bâtiment de l’école d’ingénieur de l’université de Rennes.

"Cela peut avoir un impact social"

Comme pour chacune de ses œuvres, Jotapé s'est inspiré du lieu où il la réalise. Ici, le savoir et les sciences. Ses inspirations sont aussi la musique et la philosophie. Depuis huit ans, il sillonne l'Amérique latine et l'Europe pour exposer son art en plein air. 

À lire : VIDÉO. La "Banksy modeste collection" s'expose à Brest aux Capucins

"Le muralisme, ce n'est pas un tableau que je peins pour moi, dans ma maison, ni pour un collectionneur, explique Jotapé. C'est visible par tout le monde, ça peut avoir un impact social."

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Jp (@un.jotape)

Dans les années 70, le muralisme se répand au Chili. Il servait d'expression politique avant de se transformer en courant artistique. Faire découvrir cet art et cette culture aux étudiants, c'est l'objectif de deux enseignantes d'espagnol à l'origine de ce projet.

"Il est important de sensibiliser les étudiants à ce versant, à cet aspect artistique et culturel, développe Ana Nunez Ronchi, enseignante. Ils ont parfois tendance à le mépriser un petit peu ou à ne pas la connaître."

À lire : VIDEO. Du Street Art à la campagne. "Formidable ! Formidable ! On ne voit pas souvent ça ici !"

Une semaine de travail

"C'est bien là, commente Jotapé, il faut corriger des petits détails, mais ça me plaît." Après quatre jours de travail, la fresque prend forme. Cette peinture sera terminée dans quelques jours.

Une fresque collaborative sera également réalisée avant son retour au Chili.

(Avec Antoine Calvez)