Girls can code : désacraliser le monde du numérique et ses métiers pour en favoriser l'accès aux filles

Hélène travaille pour un géant du web, après des études en informatique auxquelles elle ne se prédestinait pas / © DR
Hélène travaille pour un géant du web, après des études en informatique auxquelles elle ne se prédestinait pas / © DR

Girls Can Code invite les collégiennes et les lycéennes à une première découverte du numérique grâce à deux jours de stage à Rennes, une initiation importante selon Hélène, qui permet de casser les codes : ceux des métiers de l'informatique et ceux socialement ancrés, encore chez les filles. 
 

Par E.C

"Je me rappelle qu'ils avaient l'air de résoudre des problèmes dont j'ignorais l'existence. Et les résoudre, c'est toujours ce que j'aime faire." Hélène Schlesinger se rappelle un salon de l'étudiant, alors qu'elle n'est encore que lycéenne.

Elle tombe sur le stand d'une école spécialisée dans l'informatique, un milieu dont elle ignore tout. "J'ai accroché sur la présentation de l'algorithmique" dit-elle. Elle finit par s'inscrire et suit des études pendant 5 ans, pour devenir ingénieure en informatique. "J'étais la seule femme de ma classe, et de l'amphi" se souvient-elle. Dans son école, la présence féminine est sporadique. "On était 10% au début du cursus. Plus que 2% à la fin."  "J'ai bossé énormément pour faire partie des meilleurs, pour prouver que j'avais ma place auprès des garçons" souligne-t-elle. 

Après ses études, la jeune femme devient développeuse. Désormais responsable de compte technique pour la publicité chez Google, elle continue de se servir de ses compétences techniques, au profit du commercial. Depuis ses débuts, elle estime qu'être une femme n'a jamais été un problème mais qu'elle a intériorisé des schémas. Lorsque l'on évoque les salaires, elle explique maintenant savoir combien son travail vaut. "J'ai mis 10 ans à m'affranchir de mon statut de femme. Maintenant j'ose." 


Girls can code (les filles peuvent coder)


Google, l'école EPITA et Prologin s'associent pour proposer des stages d'initiation, à destination des filles. Des stages d'une semaine existent déjà. Pour la première fois cette année, des week-ends sont organisés, notamment à Rennes. Ces deux jours permettent de découvrir le langage de programmation python et de s’initier sur un microcontrôleur microbit.
 

Pour Hélène, cette initiation "est très importante. Il y a encore un vrai travail à faire auprès des femmes, pour qu'elles se disent qu'elles valent aussi bien que les hommes en codage." Elle qui a déjà animé ce genre d'ateliers observe "c'est toujours un moment de surprise pour les adolescentes. Derrière le mot 'code' on s'imagine beaucoup trop de choses alors que c'est simple. Plus on passe de temps à le faire plus on s'améliore." "C'est accessible, il faut désacraliser la pratique."  
 

La place des femmes dans le numérique ?



En 2017, le secteur du numérique en France emploie seulement 33 % de femmes, majoritairement dans des fonctions dites "de support" comme les ressources humaines, l’administration, le marketing ou la communication. 16 % exercent parmi les techniciens d’études et du développement en informatique. Pour ce qui est de l'installation, la maintenance, support et services aux utilisateurs en informatique, elles ne sont que 14 %. 

Les femmes codeuses sont représentées à 27%, et seulement 11% travaillent dans la cybersécurité. 

Alors que le secteur est en constant développement, les femmes restent éloignées de la formation et des métiers. 
 

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