Grand angle: Michel, Citroën jusqu’au bout des ongles

Michel, technicien de maintenance à PSA "L'usine est viable. C'est ce qui me met en colère." / © Capture d'écran
Michel, technicien de maintenance à PSA "L'usine est viable. C'est ce qui me met en colère." / © Capture d'écran

Fils d’agriculteurs, Michel a été embauché à La Janais en 1975. PSA s’appelait alors Citroën. Aujourd’hui, à quelques années de la retraite, il partirait sans regrets « pour laisser la place à un jeune ». Un reportage vidéo de 6 mn.

Par Pauline Blanchard, Hoel Cumunel, Grégoire De Chabalier et Matthieu Jublin

Bourgbarré, au sud de Rennes. Michel nous accueille dans son jardin. De ses racines paysannes, il garde l’attachement à la terre. « Je ne me plais que dehors », avoue-t-il. Il faut dire qu'il fait partie de cette génération d’enfants d'agriculteurs qui étaient recrutés en masse par Citroën à l'ouverture de l'usine. « J’espère finir ma carrière à PSA, explique Michel. Aujourd’hui, c’est trop flou pour savoir comment la sélection [des postes à supprimer] va être faite. Je partirais bien, si c’est pour laisser la place à un jeune. »

Michel conserve tous les modèles réduits offerts par la direction aux employés. Uniquement des Citroën. Pendant ses 37 ans de carrière, il a connu le passage de Citroën à PSA. Avec ce changement, « on a perdu un peu de notre identité », estime-t-il.

« Il faut sauver notre peau »


Le plan social est vécu par Michel comme une destruction. Lui qui a connu le « paquebot Citroën », et ses 12 000 personnes à bord, déplore la chute continue des effectifs de La Janais. Michel ne sait pas encore si son poste survivra au plan social, mais témoigne du « manque de motivation » dans l’usine. « On a l’impression que les salariés attendent le coup de massue, affirme-t-il. On a peur d’en arriver au point d’Aulnay.»

Alors qu’il est toujours resté à distance des syndicats, Michel a participé au débrayage organisé avant les vacances de Noël. Il a aussi manifesté l’été dernier. Discret et peu revendicatif, il estime désormais qu’il faut « se battre ou mourir ».

 

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