Grève contre la réforme des retraites : les raisons de la colère

Manifestation contre le projet de retraite du gouvernement Macron à Rennes le 24 septembre 2019 / © Maxppp Joël Legall
Manifestation contre le projet de retraite du gouvernement Macron à Rennes le 24 septembre 2019 / © Maxppp Joël Legall

A l'appel de l'intersyndicale CGT, FO, Solidaires et FSU, les salariés sont appelés à descendre dans la rue demain jeudi, contre la réforme des retraites. La mobilisation s'annonce massive à Rennes et les raisons multiples selon les professions.

Par Catherine Jauneau

La réforme des retraites, grand chapitre du quinquennat d’Emmanuel Macron, devrait être arbitrée d’ici la fin de l’année par le gouvernement. Une réforme controversée qui suscite une forte contestation sociale, notamment du fait de la suppression des régimes spéciaux et du passage à un système de retraite à points à la place du système par répartition. Les syndicats entendent mobiliser fortement les salariés demain jeudi dans un mouvement de grève unitaire reconductible dans l’espoir de faire fléchir l’exécutif.

Une grève massive en vue

En Bretagne, la démonstration la plus importante s’annonce à Rennes, où le début du cortège partira dès 10h30 depuis l’esplanade Charles de Gaulle.
Pour Fabrice Lerestif, secrétaire de Force Ouvrière 35, la grève s’annonce massive tous secteurs confondus, dans la fonction publique, à la poste, à la SNCF,  mais aussi dans le privé où des débrayages sont prévus.

Des signaux forts comme en 1995 lors de la Réforme Juppé

 « Nous allons mettre toutes nos forces dans la bataille pour faire échouer cette réforme et défendre un modèle de cotisation des retraites basé sur la solidarité entre les générations hérité de 1945. Nous refusons de travailler jusqu'à 65 ans et au-delà »
Je n’ai jamais eu autant de signaux forts de mécontentement depuis les grèves contre la réforme Juppé en 1995, qui a finalement été abandonnée à l’époque. Et c’est exactement la même chose que je souhaite.

La manifestation se veut unitaire et non violente. Les syndicats veulent un mouvement pacifique. Certains d’entre eux ont donc prévu leur propre service d’ordre pour juguler tout risque de débordement par des éléments perturbateurs qu’il faudra tenter de marginaliser .
« Ces ultras ont un tout autre intérêt que le nôtre. Les vitrines brisées comme on l’a vu à Rennes lors d’autres manifestations (gilets jaunes notamment), c’est du folklore violent. Si cela se passe, ce sera hors de notre volonté. Notre souhait à nous, c’est de montrer  notre détermination dans l’unité avec les salariés, les retraités et les jeunes. Quelques tracteurs de la confédération paysanne pourraient aussi se joindre au cortège » souligne le représentant de FO.

Du côté des enseignants

Dans l’éducation nationale, le taux de grévistes dans le premier degré en Ille-et-Vilaine sera de plus de 70 %. Même tendance pressentie dans les collèges et les lycées avec beaucoup de personnes qui n’ont jamais manifesté jusqu’à présent.

Une journée historique

 Hier, notre Ministre Jean-Michel Blanquer a écrit aux enseignants. Il entend nous garantir un minimum vieillesse de 1 000 euros par mois pour une carrière complète de 43 ans. Mais c’est impossible quand vous savez que nous avons un cursus à bac plus 5 et donc un départ en retraite à 68 ans en moyenne. souligne Gwenaël Le Paih, pour le SNSES-FSU Bretagne.


Selon lui, des enseignants descendront pour la première fois dans la rue. Certains ont fait leur calcul. « Nous n’avons ni prime, ni treizième mois, nous allons subir une fourchette de perte moyenne de 300 à 1000 euros avec le futur système de retraite à point alors que nos pensions moyennes sont aujourd’hui autour de 2 700 euros brut mensuel . »

Du côté des hôpitaux


« C’est la triple injustice » s’enflamme Yves Morice, Secrétaire Général de Sud Santé Sociaux 35 , alors qu’une nouvelle journée nationale d’action des collectifs interhôpitaux est prévue le 17 décembre prochain.
Les professionnels de la fonction publique hospitalière restent mobilisés : «  On ne nous donne pas suffisamment de moyens, pas d’embauches, pas de hausses salariales significatives, ni de meilleures conditions de travail et nous devrons travailler plus longtemps avec la réforme des retraites.»

Autre raison du mécontentement : le nouveau système de retraite supprimera la catégorie active avec départ anticipé à 57 ans pour cause de pénibilité, pour les agents hospitaliers et les aides-soignants.

Du côté de la SNCF

Les prévisions de trafic en Bretagne montrent déjà que la mobilisation sera forte demain.

 Comment cotisera-t-on pour nos retraites de demain si nos salaires sont revus à la baisse aujourd’hui ?  La question est posée par Yannick Tizon, secrétaire Général cheminots de Bretagne.
Car c’est à la fois le futur régime de retraite que la profession rejette, mais aussi sa future convention collective, inscrite dans le nouveau pacte ferroviaire.


« Ce sera un ferroviaire payé au rabais ! » souligne Yannick Tizon.  Les négociations sont âpres avec la partie patronale, autour de cette nouvelle convention collective de branche et de son impact sur la rémunération des cheminots.

Les étudiants de Rennes 2 ont par ailleurs voté le blocage de la faculté jeudi et vendredi.
 

les manifestations en Ille-et-Vilaine

Rennes- départ 10h30 esplanade Charles de Gaulle
Fougères - 17h30 , place Aristide Briand
Redon- 14h00, sous-préfecture
Saint-Malo- 10h30, esplanade Saint-Vincent
Vitré- 17h00, place de la Gare

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