Hôpitaux : positifs au Covid, ils sont autorisés à vous soigner

Les soignants, positifs au coronavirus mais asymptomatiques, peuvent être mobilisés, faute de remplaçants, pour assurer la continuité du service à l'hôpital. C'est déjà arrivé à Nantes, Nice, au Puy-en-Velay... Mais pas encore à Rennes.

Des infirmiers vont chercher un patient atteint de Covid-19
Des infirmiers vont chercher un patient atteint de Covid-19 © Alexandre MARCHI / MaxPPP
C’est écrit noir sur blanc, page 12, par le Haut Conseil de la santé publique dans cet avis : 
 

Coronavirus SARS-CoV-2 et professionnels des établissements de santé et établissements sociaux et médico-sociaux

 

"Dans le cas où un personnel non remplaçable serait porteur du SARS-CoV-2 et asymptomatique, la possibilité dégradée d’un maintien en poste avec un renforcement des mesures de précaution et d’hygiène est envisageable afin que la balance bénéfice/risque ne soit pas défavorable"

Haut Conseil de la santé publique



Face à « l’impératif de service », des personnels soignants, positifs au Covid-19 et asymptomatiques, peuvent exercer au sein de l’hôpital.

C’est déjà le cas au CHU de Nantes. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, « onze personnes sont concernées en réanimation et il y a aussi des cas aux urgences et au Samu », selon les informations de nos confrères de France Bleu.


Et au CHU Pontchaillou ?


A Rennes, la situation ne s’est pas présentée. Enfin, pas chez les soignants…

« Je sais qu’on a eu des remontées des laboratoires. Une collègue était fâchée de savoir que sa collègue était asymptomatique mais autorisée à travailler », raconte Philippe Blin, secrétaire général FO au CHU de Rennes.

Personne n’a envie de ramener le Covid chez soi. Et des soignants sont épuisés. Physiquement parfois : ils sont tombés malades durant la première vague et présentent des séquelles.

Psychologiquement surtout : « C’est une situation difficile. Clairement, on a une fuite des personnels qui demandent une disponibilité… qui ne leur est pas accordée, évidemment. Une infirmière de bloc opératoire a même du démissionner. Elle ne pouvait plus rester au CHU », témoigne Philippe Blin.

« Les soignants doivent-ils rester ou pas, s’ils sont contaminés ? Je n’ai pas la réponse. Mais c’est cette politique du non emploi dans les hôpitaux qui nous amène à penser de telles situations. On économise toujours sur la masse salariale… et voilà le résultat ! », ajoute-t-il.


Bas les masques ?


Les soignants sont-ils victimes du cynisme de nos dirigeants ? Yves Morice, secrétaire de la section Sud au CHU de Rennes, en est persuadé :

« Les hospitaliers sont considérés comme de la chair à canon. En début d’année, le ministre de la Santé (Olivier Véran, ndlr) assurait que tous les soignants contaminés seraient pris en charge comme maladie professionnelle. Avant de faire marche arrière : seuls ceux qui ont eu besoin d’une aide respiratoire, qui sont allés en réanimation, seront couverts par la maladie professionnelle… alors que certains, qui se sont confinés chez eux, car malades, ont encore des séquelles.

Le message, c’est : quand vous tombez malades au travail, vous n’êtes pas reconnus. Mais en plus, si vous êtes asymptomatiques, vous devez aller bosser. C’est ça, le cynisme. »


Quand la France n’avait pas de masques chirurgicaux, ils n’étaient pas nécessaires… avant de le devenir.

Officiellement, les hôpitaux ne manquent pas de soignants aujourd’hui. Mais ils se préparent à faire revenir travailler des soignants malades du Covid, si jamais. Simple précaution.
 
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