Liaisons aériennes. Fermer Lorient-Paris et maintenir Rennes-Paris ?

Le projet de loi "portant lutte contre le dérèglement climatique" vise notamment à limiter l'aérien "lorsqu'un moyen de transport collectif, moins émetteur de CO2, existe en moins de 2 h 30". Rennes-Paris est sur la sellette. Mais rien n'est déterminé.

L'aéroport de Rennes en mars 2019
L'aéroport de Rennes en mars 2019 © France 3 Bretagne / V. Chopin

Le projet de loi Climat a commencé son examen à l'Assemblée nationale ce lundi 29 mars. Dans le texte, au chapitre IV "se déplacer", deux dispositions concernent le transport aérien : l'une se penche sur les conditions de maintien de certaines liaisons, l'autre sur les conditions d'agrandissement des aéroports français.  

 

Priorité au transport ferroviaire

Porté par le gouvernement, et reprenant quelques propositions émises par la Convention citoyenne,  le texte du projet de loi  Climat prévoit d'interdire "les services réguliers de transport aérien public de passagers concernant toutes les liaisons aériennes à l’intérieur du territoire français dont le trajet est également assuré par les voies du réseau ferré national sans correspondance et par plusieurs liaisons quotidiennes de moins de deux heures trente."

 

Rennes-Paris en 1 h 29 en train

Avec la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Rennes et Paris, l'avenir de la liaison aérienne vers Roissy demeure incertain. Pour l'heure, un vote de parlementaires réunis en commission spéciale laisse néanmoins ouverte l'option de maintenir cette liaison. 

 

Que Air France continue à desservir à Rennes, c'est plutôt une bonne nouvelle ! Air France, c'est 52% du trafic de l'aéroport de Rennes

Gérard Lahellec, sénateur et vice-président du Conseil régional en charge des transports, 

Fin des vols à Lorient  

A Lorient, en revanche, la ligne vers Roissy, rétablie en 2018 sous la pression des élus, est suspendue. Sa reprise, le 31 août 2020, avait d'emblée été hypothéquée par l'annonce du retrait de Hop!. Désormais, Lorient ne propose plus de vols commerciaux vers Paris. Quant à la liaison Lorient-Lyon, la crise sanitaire l'a balayée dès mars 2020.

Un principe, des dérogations

Le principe "pas d'avion-quand-un train-le fait-en-un-temps-raisonnable" était déjà défendu en 2019 par une poignée de députés. La Convention citoyenne avait souhaité élargir la portée de cette proposition : "pas d'avion quand un train assure la liaison en moins de 4 h".
Dans le projet du gouvernement, le principe est repris mais ramené à 2 h 30, avec la possibilité d'y déroger lorsque la liaison aérienne intérieure permet de rejoindre un aéroport international, pour un vol en correspondance. 

D'une à cinq liaisons concernées en France, selon les ONG

Selon les associations environnementales, l’article présenté à l'Assemblée nationale ne va pas assez loin. "Sur les 108 liaisons intérieures françaises, ce texte ne risque de toucher que d’une à cinq liaisons", pointe Agathe Bounfour du Réseau action climat. "Cela concerne Bordeaux-Paris, Lyon-Paris, Nantes-Paris, Paris-Rennes et Lyon-Marseille".

Trois semaines de débat à l'Assemblée nationale

Le projet de loi Climat doit être débattu durant trois semaines. Ensuite, les dispositions concernant le transport aérien devraient encore connaître quelques rebondissements. 

Comme pour toute loi, le texte prévoit d'être précisé par décret: "Un décret fixera les conditions dans lesquelles des aménagements à l’interdiction sont prévus pour les services aériens qui assurent majoritairement le transport de passagers en correspondance ou qui offrent un transport aérien majoritairement décarboné." Au final, si le projet de loi est maitenu en l'état, ce sera donc au gouvernement de trancher, pour préciser un texte qu'il a lui-même écrit.

 

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