Migrants à Rennes : la préfecture engage une procédure pour évacuer le camp des Gayeulles

80 migrants seraient encore à vivre sur le campement du parc des Gayeulles, selon les associations / © France 3 Bretagne C. Bélard
80 migrants seraient encore à vivre sur le campement du parc des Gayeulles, selon les associations / © France 3 Bretagne C. Bélard

La préfecture d'Ille-et-Vilaine a déposé une requête en référé devant le tribunal administratif de Rennes afin de pouvoir procéder à l'expulsion des migrants encore dans le campement du parc des Gayeulles à Rennes.

Par T.P.


La requête de la préfecture a été déposée ce mercredi 2 octobre. 

Ce jeudi matin, "il restait environ 80 personnes dont deux familles avec cinq enfants a vivre sous les tentes et dans le froid au camp des Gayeulles et ceci alors même que la mairie de Rennes a hébergé une douzaine de familles ce mardi dans un centre de loisirs" nous explique Joëlle Couillandre de l'association "Un toit c'est un droit".

Par son référé, la préfecture d'Ille-et-Vilaine demande une évacuation du campement afin de "mettre fin aux troubles à l’ordre public résultant de cette occupation illicite". Elle évoque "l’urgence à faire cesser cette situation au regard du danger imminent pour la salubrité publique et la santé des personnes".

Alors qu'une demande d'expulsion devrait émaner de la mairie, la ville de Rennes étant propriétaire des lieux, en l'occurrence le parc des Gayeulles, la préfecture a décidé de faire usage de son pouvoir de substitution "compte tenu de l’urgence de prendre les mesures nécessaires à l’évacuation du site". L'État avait écrit le 23 septembre dernier à la mairie, lui demandant de faire en sorte que le campement disparaisse, mais sans réponse positive de cette dernière, la préfecture a décidé d'engager ce référé. 
 

La colère des associations

Pour Joëlle Couillandre, ce référé fait peser une menace d'expulsion imminente, sous deux ou trois jours. "Dans ce référé, il est stipulé une expulsion forcée des personnes, du matériel et des véhicules. Or, si cela devait se faire si rapidement, nous n'aurions pas le temps de mettre à l'abri tout le monde et de récupérer tout ce qu'il y a sur le campement, que ce soit les tentes ou les couchages à désinfecter" explique la secrétaire de l'association "Un toit c'est un droit". "Tout cela aurait dû être planifié" ajoute-t-elle, ne se faisant que "peu d'illusion sur l'issue de ce référé". "On espère cependant que le juge demandera un délai pour l'exécution de l'expulsion" conclut-elle.

L’audience est prévue ce vendredi à 12h.
 

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