Mort de Dorian Guémené à Rennes. Un expert évoque une "accoutumance à la violence "

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Écrit par Séverine Breton
© B. Van Wassenhove - France Télévisions

Le procès à la suite du décès de Dorian Guémené se poursuit devant la cour d’assises de Rennes. Six hommes sont actuellement jugés. Ce sont "des gens comme nous", est venu expliquer un expert. Et c’est bien la difficulté pour la cour, comprendre comment ces jeunes gens ont battu un homme à mort.

"Quand vous voyez une tâche de sang ça ne vous vient pas à l’idée à ce moment-là que c’est très grave ? " interroge le président de la Cour d’Assises. "Non," répond le jeune homme, "j’ai déjà vu des bagarres."

Au petit matin de ce jour de juillet 2018, Dorian a perdu la vie, sur un trottoir, frappé par des jeunes gens avec qui il aurait eu une altercation dans une boite de nuit. Il avait 24 ans.

Toute cette journée du mardi 19 octobre, la cour d’assises a essayé de préciser ce qui s’était passé cette nuit-là. Dorian a été roué de coups alors qu’il était à terre. L’autopsie énumère les ecchymoses et les nombreux hématomes au visage. 95% des coups ont été portés à la tête.

"Est-ce que c’est un accusé, deux accusés, trois accusés qui ont porté les coups ? C’est l’ensemble des coups qui sont à l’origine de la disparition de Dorian, mais ses parents ont besoin de savoir qui a fait quoi "expose Maître Fillion, l’avocat des parents du jeune homme.

 

Une habitude des bagarres 

 

Un expert s’attarde sur les ytrois des six jeunes qui se trouvent dans le box. "Ce sont des jeunes gens comme nous," analyse-t-il, "sans addiction ni dépendance, pour la plupart stables émotionnellement."

Certains ont une accoutumance à la violence. Ils ont une expérience de la nuit, des bagarres. Ils ont été confrontés à des rixes. Sans doute 10 ou 20 fois.

Un des experts à la barre

"J'ai assisté à des violences, je n'y ai pa participé" nuance le jeune homme accusé de ses participations à des bagarres. 

Après les faits, les jeunes gens ont échangé des SMS "J'ai mal à la cheville à force d'avoir donné trop de coups de pied", écrit l'un. "Moi à ma droite (au poing)", répond l'autre. Lors de leurs auditions, ils diront ne pas avoir eu conscience de la gravité des faits à l'époque. Un des accusés précise que pour lui, "c’était une rixe comme une autre."

Le président s’interroge. "Quand vous remarquez cette tâche de sang, vous ne vous dites pas que Dorian est peut être gravement blessé ? Vous auriez pu revenir porter secours ?" Les jeunes gens ne répondent pas. "On a la perception d’une scène globale à laquelle tout le monde a participé" s’irrite le président.

 

Chacun, seul face à la justice 

 

"Mon client n’a pas porté des coups à un homme à terre" intervient Denis Fayolle, avocat d’un des accusés. "La cour devra juger chacun des accusés séparément. En matière judiciaire, il n y a pas de responsabilité collective, il n’y a pas de clan, pas de famille qui comparait dans le box. II y a des hommes, des individus et cette audience doit permettre de distinguer le cas de chacun."

Les prévenus encourent jusqu’à 30 années de prison. 

 

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