Noyade d'un élève de Saint-Cyr Coëtquidan : le procès renvoyé au 9 décembre

Maître Jean-Guillaume Le Mintier, avocat de la famille de l'élève officier mort noyé à Saint-Cyr-Coëtquidan / © A. Billet - France 3 Bretagne
Maître Jean-Guillaume Le Mintier, avocat de la famille de l'élève officier mort noyé à Saint-Cyr-Coëtquidan / © A. Billet - France 3 Bretagne

Le procès des sept militaires poursuivis pour le décès par noyade d'un élève officier lors d'une soirée d'intégration à l'école militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan) en octobre 2012 a été renvoyé ce lundi au 9 décembre, suite à la demande de l'avocat de la famille de la victime.

Par Thierry Peigné avec AFP


Le procès devait se tenir toute cette semaine devant le tribunal correctionnel de Rennes, compétent en matière militaire. Il aura lieu du 9 au 13 décembre. 

Le renvoi est dû à la liquidation judiciaire du cabinet devant assurer la défense de la famille de la victime. Ce cabinet était en redressement judiciaire depuis juillet 2018 et a été liquidé en ce mois de septembre 2019. Le nouvel avocat n'a été saisi que la semaine dernière.
 

Consensus sur la necessité du renvoi

"J'ai été saisi du dossier jeudi, la famille m'a téléphoné au pied levé, effondrée", a déclaré Me Jean-Guillaume Le Mintier. Avec les "débats âpres" qui s'annoncent et des questions autour "du droit pénal et du droit militaire", "je ne peux pas intervenir raisonnablement" dans ce dossier, a ajouté le nouveau conseil de la famille absente ce lundi matin.

Le parquet "a adhéré" à cette demande, évoquant "la tristesse" de la mère et des frères de la victime, "qui se sont retrouvés sans conseil alors qu'ils fondent de grands espoirs dans ce procès", a expliqué à l'audience le procureur Jean-Pierre Ollivaux.
    
Cette décision a été aussi jugée légitime par plusieurs avocats des militaires, dont la plupart n'avaient pas fait le déplacement.
    

Une soirée de "transmission des valeurs et des traditions" qui tourne mal

Sept militaires et ex-militaires, dont un général, colonel au moment des faits, sont poursuivis pour homicide involontaire. Dans la nuit du 29 au 30 octobre 2012, le sous-lieutenant Jallal Hami, âgé de 24 ans, diplômé de Sciences-Po, s'était noyé lors d'une soirée de "bahutage" qui visait à transmettre "des traditions de l'école" dans le jargon cyrard, le bizutage étant un délit dans cet établissement qui forme les officiers de l'armée française.

Les élèves devaient traverser 50 mètres à la nage dans un étang dans une eau à 9 degrés. De nombreux élèves se sont trouvés en difficulté, buvant la tasse et s'aggripant les uns aux autres. Pour les ramener sur la terre ferme, des bouées avaient été jetées par les organisateurs. Mais à minuit, Jallal Hami manquait à l'appel. Appelés en renfort, les pompiers retrouveront le corps du jeune homme, à 2 heures 35 du matin. 
 

Les prévenus encourent trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
 

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