Noyade à Saint-Cyr Coëtquidan en 2012 : l'un des responsables du bahutage entendu par le tribunal

Le procès de sept militaires, anciens élèves et encadrants de Saint-Cyr Coëtquidan se poursuit à Rennes. Ce mardi 24 novembre, le tribunal continue d'entendre ceux qui étaient présents au moment du bahutage en 2012, un exercice qui a entraîné la mort de Jallal Hami. 
Maître Anne-Guillaume Serre (au centre avec le masque noir), avocat de l'un des prévenus pendant le procès de sept militaires, après la noyade d'un élève en 2012 à Saint-Cyr Coëtquidan
Maître Anne-Guillaume Serre (au centre avec le masque noir), avocat de l'un des prévenus pendant le procès de sept militaires, après la noyade d'un élève en 2012 à Saint-Cyr Coëtquidan © V. Chopin - France Télévisions
"J'ai vu des têtes qui passaient sous l'eau, sans pouvoir les compter. Je n'avais pas de vision claire de la situation." Ce témoignage est celui de Hugues D., élève de deuxième année à l'époque, aussi "colonel des gardes", chargé d'organisé le bahutage, un exercice militaire à Saint-Cyr Coëtquidan. Comme tous ses camarades passés à la barre depuis le début du procès, il affirme ne pas avoir eu conscience du danger de noyade que représentait la traversée de cet étang de nuit. Il n'a pas donné d'ordres pour stopper l'exercice. Jallal Hami, l'un des élèves officier n'a pas survécu
 

C'était la panique autour de moi (...). On s'est agrippé à moi et je me suis agrippé à quelqu'un, je me suis appuyé sur le fond pour remonter. J'ai coulé une deuxième fois. Je pensais que c'était fini pour moi.

Témoignage de l'un des participants au bahutage en 2012, lu par les avocats des parties civiles pendant l'audience


Une situation qui a dérapé et échappé à tout contrôle


"L'objectif n'a jamais été de créer une situation virant au drame", s'est-il défendu. Aujourd'hui âgé de 30 ans, il a démissionné de l'armée cet été après avoir été cadre cinq ans dans un régiment d'infanterie. Son avocat, Maître Anne-Guillaume Serre explique : "Il s'est présenté pour assumer sa responsabilité. Il est l'un des organisateurs, ce drame qu'a vécu sa promotion a pesé sur toute sa carrière. Il ne pouvait plus moralement prendre des responsabilités qui engageaient la sécurité de ses hommes et c'est la raison pour laquelle il a quitté l'Armée cette année, car il ne se sentait pas capable de prendre le commandement d'une compagnie. Il a dit qu'il n'avait plus les réactions adaptées."

L'avocat précise : "Il assume sa responsabilité morale. Je pense que l'essentiel de sa promotion pour ne pas dire toute, doit ressentir une responsabilité morale, c'est un des leurs qui est mort. On est là pour statuer sur une faute pénale. Il faut une faute caractérisée, y'a t-il une faute caractérisée ? Nous considérons que non. Il faut qu'ils aient la conscience d'exposer autrui à un danger et là, à les entendre, ils n'avaient absolument pas cette conscience." 

Le témoignage de Hugues D. ne s'arrête pas là. Concernant la nage des élèves de Coëtquidan sur les plans d'eau de l'école, il déclare : "Pour moi c'était évident, tout le monde savait", une déclaration qui pose la question de la responsabilité de l'encadrement de l'école. 

Alors que les auditions se poursuivent, le général Chanson, directeur des formations à ce moment-là, devra en répondre cet après-midi. 

 
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