Ouverture de la LGV Rennes-Paris en juillet, le billet en hausse de 6€ en moyenne

La 3ème génération de TGV, en test de vitesse entre Dijon et Besancon, atteint 320 km/h / © AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON
La 3ème génération de TGV, en test de vitesse entre Dijon et Besancon, atteint 320 km/h / © AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON

L'ouverture de la nouvelle ligne à grande vitesse Rennes-Paris le 2 juillet ne provoquera qu'une hausse limitée des tarifs, plus 6 euros en moyenne, promet la SNCF, qui lance ses ventes estivales mercredi et en profite pour réorganiser son offre. 

Par Krystell Veillard

"On a réussi à limiter l'augmentation moyenne du prix à 10 euros entre Paris et Bordeaux et à 6 euros entre Paris et Rennes", a indiqué la directrice générale de Voyages SNCF, Rachel Picard, soulignant que "l'évolution des prix sera toujours inférieure au gain de temps". Ainsi, si l'augmentation sera de 6 euros en moyenne pour un Rennes-Paris, elle sera de 4 euros en moyenne pour un billet de Brest à Paris. A noter que les billets Prem's n'augmentent pas et restent aux environs de 20 euros pour un billet simple entre Rennes et la Bretagne.

Rennes à 1h25 de Paris


Les lignes TGV iront à partir de cet été jusqu'à Rennes, reliée à Paris en 1h25 de trajet au lieu de 2h04, et Bordeaux, mise à 2h04 de la capitale au lieu de 3h14. Les horaires de la moitié des trains de l'axe Atlantique seront modifiés, "pour que les gens puissent le matin aller attraper un TER plus un TGV, et à l'inverse le soir un TGV puis un TER pour rentrer chez eux", précise la directrice de Voyages SNCF.

Concurrence du covoiturage et des cars Macron


La SNCF vise "4 millions de voyageurs supplémentaires" en 2019, a détaillé Rachel Picard: 2,4 millions sur l'axe Paris-Bordeaux, 1,6 million sur Paris-Rennes. Pour remplir ses trains, la compagnie compte d'une part proposer des tarifs plus attractifs, en multipliant ses "petits prix", répondant ainsi notamment à la concurrence du covoiturage et des cars Macron, très prisés notamment des jeunes, et d'autre part ravir des passagers à l'avion, en particulier la clientèle professionnelle. "Au global, sur l'ensemble de l'offre, le nombre de petits prix va vraiment augmenter", affirme Rachel Picard.

Les trains Ouigo étendus à l'ensemble du territoire


Ainsi, Ouigo, l'offre de TGV à bas coût, "devient une offre nationale à compter du 2 juillet, ça n'est plus une petite expérimentation". Ces trains, lancés en 2013 entre Marne-la-Vallée et Lyon, vont gagner de nouveaux territoires en 2017, avec deux allers-retours quotidiens vers Bordeaux. De l'autre côté de l'Hexagone, Strasbourg sera également desservi.

Doublement des billets Prem's


Pour "clarifier l'offre", la marque iDTGV disparait, et les expérimentations qui étaient menées grâce à elle seront progressivement déployées dans les TGV - contrôle des billets à quai, prêts de chargeur de téléphone, choix de la place et de l'ambiance lors de l'achat...
"Du côté des voyageurs, ça ne change rien, ce sont les mêmes trains, les mêmes horaires (et) (...) le même volume de petits prix", souligne Rachel Picard. Les anciens petits prix offerts via iDTGV seront remplacés par des places Prem's, dont le nombre sera doublé, avec des prix d'appel fixés à 20 ou 25 euros. Et un "prix de référence" est créé, inférieur à 50 euros, pour garantir l'accès à ces tarifs chaque jour, même au dernier moment, mais seulement sur certains trains.

La clientèle pro chouchoutée pour concurrencer l'avion


Quant à la clientèle TGV, et notamment les pros, la SNCF veut les chouchouter. "On va aller chercher la clientèle aérienne, surtout sur Bordeaux ou Toulouse", annonce encore Rachel Picard, qui veut même aller en ravir 100% entre Paris et Bordeaux. La SNCF leur promet un service "aux petits oignons", avec wifi à bord, files d'embarquement dédiées, ou encore salons grand voyageur rénovés. "On est en train de travailler avec l'ensemble de nos chefs de bord sur des attitudes de service, sur la prise en compte des voyageurs, avoir une relation avec plus de tranquillité, de sérénité, vis-à-vis des voyageurs, et moins de contrôles", détaille encore Rachel Picard.

28,5 Aller-retours quotidien Rennes-Paris 


Avec les nouvelles LGV, il y aura 28,5 allers-retours quotidiens entre l'Ile-de-France et Rennes - dont 12,5 directs. Le premier train partira le matin à 5h36. Le dernier train le soir arrivera à 0h24. La SNCF va proposer ainsi 30 000 places chaque jour sur la ligne entre Paris et la Bretagne.

La SNCF veut "que la grande vitesse reste populaire"

La SNCF, qui met en vente mercredi les billets de trains pour cet été, y compris sur les nouvelles lignes TGV Paris-Bordeaux et Paris-Rennes, qui ouvrent le 2 juillet, veut que la grande vitesse "reste populaire", déclare à l'AFP la directrice générale de Voyages SNCF, Rachel Picard.
Propos recueillis par Julie CHABANAS.

QUESTION : La moitié des horaires des trains de l'axe Atlantique va bouger le 2 juillet. Pourquoi?

On a bâti avec l'ensemble des régions des horaires TER qui permettent depuis partout dans les régions d'avoir accès aux bénéfices de la grande vitesse, pour que les gens puissent le matin aller attraper un TER plus un TGV, et à l'inverse le soir un TGV puis un TER pour rentrer chez eux. Sur Paris-Bordeaux, le choix qu'on a fait, et c'est un choix qu'on a beaucoup travaillé avec les élus, c'est un train toutes les heures, un train toutes les 30 minutes en heures de pointe. Le premier train part à 5h23, le dernier train arrive à 0h08, on va chercher les gens très tôt le matin, on les ramène tard le soir. Pour faire voyager le plus grand nombre, on a aussi choisi de mettre beaucoup de places, sur Paris-Bordeaux on est à 35.000 places par jour, à titre de comparaison, l'aérien c'est 7.000 places. J'ai calculé que les retours entre 17h et 20h, c'est comme si on faisait décoller 36 A320.

Q: Vous annoncez une hausse "modérée" des tarifs, comment ces nouveaux prix ont-ils été définis ? 

R: On a deux éléments clé à prendre en compte. Le premier c'est l'investissement sur les lignes, il est évidemment très important. Assurer cette expérience de voyage avec des gains de temps aussi importants ça a évidemment un coût. De l'autre côté, ma volonté depuis le début c'est que la grande vitesse reste un mode de transport populaire, donc accessible, avec un objectif, c'est de remplir nos trains, et donc de faire voyager nos clients plus souvent et le moins cher possible. Au global, sur l'ensemble de l'offre, le nombre de petits prix va vraiment augmenter. Dans notre stratégie d'aller chercher plus de voyageurs, (...) on va pousser beaucoup les petits prix. Il nous faut (attirer) les clientèles plus contributives (ceux qui paient leur billet plus cher, les professionnels notamment, NDLR) et aussi faire beaucoup de volumes, c'est pour ça qu'on joue la carte de petits prix.

Q: La guerre est déclaré à l'aérien ?

R: Mon objectif personnel sur Bordeaux, c'est d'aller prendre 100% de la clientèle aérienne. C'est le parcours pour les clients business qu'on va vraiment travailler et améliorer par rapport à aujourd'hui, avec des salons grand voyageur qu'on a complètement refaits donc qui seront ouverts pour juillet, en particulier à Montparnasse et à Bordeaux, avec une appli TGV pro qui va permettre d'orienter les clients dans la gare, une file d'embarquement dédiée, un accompagnement, donc vraiment aux petits oignons. Les voyageurs aériens d'aujourd'hui seront bluffés par le service qu'ils auront demain dans TGV. Et puis tout ça sera évidemment toujours moins cher que l'aérien. Ce qui fait qu'on a quelques atouts pour gagner le match vis-à-vis de l'aérien sur Bordeaux.

A lire aussi

Sur le même sujet

Le rêve brisé d'Ibrahim

Près de chez vous

Les + Lus

Nouveau !Abonnez-vous aux alertes de la rédaction et suivez l'actu de votre région en temps réel

Je m'abonne