Paris 2024. Thu Kamkasomphou, la parapongiste au mental d'acier qui rêve de nouvelle médaille d'or

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Thu Kamkasomphou rêve de ses 7e Jeux ©Gilles Le Morvan/ Benoit Levaillant/FTV

Elle a raflé sa première médaille d'or en 2000 aux Paralympiques de Sydney. C'est l'un des plus beaux palmarès du sport français. Et elle compte bien compléter sa collection de podiums en 2024 à Paris. A 54 ans, la parapongiste Thu Kamkasomphou n'est pas prête à ranger sa raquette. En route sans doute pour ses 7e Jeux. Un truc de fou.

Pour se faire une idée du caractère de Thu Kamkasomphou, on peut d'abord se replonger dans une archive de légende.

En 2012, à Londres, la Rennaise s'aligne pour ses 4e Jeux paralympiques. Ce ne sera pas son meilleur souvenir, mais l'image va rentrer dans l'histoire...

A l'époque, elle a 43 ans. Depuis ses premiers Jeux à Sydney en 2000, elle a déjà ramené deux fois une médaille d'or. En 2010, elle a aussi décroché son premier titre de championne du monde. Elle fait partie  des favorites.

Mais en finale, une Chinoise va anéantir ses espoirs. Battue 2 sets à 1. Thu Kamkasomphou ne pourra pas retenir ses larmes. Inconsolable...

"Cette médaille, je n'en voulais pas. C'est celle qui manquait à ma collection, mais je n'en voulais pas. J'étais venue pour l'or, et revenir sans l'or, pour moi c'est un grand échec."

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Les larmes de Thu Kamkasomphou après sa médaille d'argent à Londres en 2012 ©FTV

Dix médailles paralympiques... mais "il reste de la place..."

Les Jeux de Londres sont déjà loin, mais onze ans après, rien n'a changé. Thu Kamkasomphou a désormais 54 ans, mais toujours soif de médailles, et si possible en or. 

Son palmarès, impressionnant, ferait pourtant déjà pâlir d'envie bien des compétiteurs... Comptez pas moins de 10 médailles paralympiques, dont cinq en individuel. Deux en or à Sydney 2000 et Pékin 2008, deux d'argent à Londres 2012 et Rio 2016, et une en bronze à Tokyo en 2021...

Mais la parapongiste rennaise compte bien ne pas s'arrêter là. Dans le coffret de médailles qu'elle veut bien nous ouvrir à l'occasion d'un entraînement dans son club de Thorigné-Fouillard près de Rennes, "il reste de la place" dit-elle. Alors pourquoi pas un nouveau podium à Paris en 2024 ? 

J’ai gagné à Pékin en 2008, c’était un bonheur absolu parce que la Chine, c’est le royaume du tennis de table, c’est comme gagner au Brésil quand on est footballeur. Paris 2024, j’en rêve aussi, comme tout athlète français. Parce que c’est à la maison, et que ça peut n'arriver qu'une fois dans sa vie…

Thu Kamkasomphou

Un mental d'acier forgé par son parcours 

Si Thu Kamkasomphou a un tel caractère, c'est aussi que son itinéraire est des plus singuliers. Avant ses médailles d'or, d'argent, de bronze, elle s'est d'abord forgé un mental en acier. Et son parcours y est pour quelque chose. .

Née au Laos en 1968, Thu commence par fuir la guerre civile, transite par les camps de réfugiés en Thailande, avant de débarquer en France à 10 ans. Et c'est à Rennes, où sa famille s’installe, qu’elle tape ses premières balles deux ans plus tard, et commence rapidement à progresser.

A 17 ans, la maladie

En junior, la pongiste rennaise est déjà au Pôle France. L'avenir lui tend alors les bras. Elle rêve du très très haut niveau. Et puis un jour survient la maladie…

"A 17 ans", raconte la championne handisport, "j'ai contracté une périartérite noueuse. En fait, du genou jusqu’à la cheville, les vaisseaux sont trop fins, Le sang n’arrive pas à bien passer à l’intérieur, les vaisseaux éclatent et ça fait des plaies qui mettent chacune 6 mois à cicatriser." 

Désarçonnée, la jeune femme va mettre un peu de temps à accepter sa maladie, mais elle ne va pas renoncer. A 30 ans, c'est la découverte du handisport, et ses rêves de médailles sont de retour.

"Quand je suis tombé malade, je me suis dit qu’est-ce que je fais ?  Je reste chez moi à attendre la mort, ou bien je fais comme Monsieur ou Madame Tout le monde, et je continue mon bonhomme de chemin ? C'est ce que j'ai fait, tenter d'accomplir mes rêves. Je voulais être championne du monde, ou championne olympique. C'est devenu paralympique. Mais mon palmarès a dépassé mes rêves".

Thu Kamkasomphou

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Thu Kamkasomphou : je me suis bâtie un palmares qui dépasse mes rêves ©GLM/BLV/FTV

 

Toujours pas prête à ranger sa raquette

A Paris en 2024, si elle décroche sa qualification, ce seront ses 7e Jeux, qui dit mieux ? Elle aura 55 ans, ses adversaires en moyenne 30 ans de moins. Et alors ? 

La Rennaise dit qu'elle rangera sa raquette "le jour où son corps ne la laissera plus en paix, ou bien quand elle n’aura plus le niveau, ou bien l’envie… "

On a compris qu’on n’y est pas encore. La plus belle médaille est celle qu’on n’a pas encore décrochée. C'est sa devise.

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