Prison de Rennes: plaintes pour violences contre des détenus

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Deux avocates ont porté plainte pour violences contre des détenus à la prison de Rennes-Vezin. "De tels comportements, de la part de certains surveillants, jettent l'opprobre sur l'ensemble du personnel pénitentiaire et peuvent transformer des détenus en boule de haine" indique l'une d'entre elles.

Par avec AFP

"J'ai déposé mercredi, au nom de mon client, une nouvelle plainte avec constitution de parties civiles pour violences aggravées avec une ITT de plus de 8 jours", a expliqué à l'AFP Maître Gwendoline Tenier, confirmant une information du Télégramme.

La première plainte sur cette affaire, déposée par le détenu en avril, avait été classée sans suite fin mai, a précisé l'avocate.
           

Torsion de l’épaule, dix jours d’ITT

 
Les faits concernent un détenu de 37 ans, fouillé à nu après un parloir, fin mars. Le détenu ayant refusé d'effectuer en plus la flexion réclamée par le surveillant a été menotté dans le dos et emmené directement au quartier disciplinaire, escorté, selon l'avocate, par cinq surveillants.

Pendant le parcours jusqu'à ce lieu, ces derniers lui auraient relevé les bras haut dans le dos jusqu'à provoquer une torsion de son épaule, qui lui a valu dix jours d'ITT.
           
"Quatre mois plus tard, il n'a toujours pas retrouvé la mobilité de son épaule", affirme Me Tenier, précisant qu'il s'agit d'un détenu "particulièrement exemplaire" qui subit depuis les effets "collatéraux" de sa plainte, avec privation d'accès au culte et aux cours notamment.
           

"De tels comportements peuvent transformer les detenus en boule de haine" estime l'avocate


La deuxième plainte, déposée par Me Camille Delva, avocate au même cabinet, concerne un détenu d'une vingtaine d'années, auquel on a enlevé son traitement médical alors qu'il souffrait d'une rage de dents. Comme il protestait, il s'est retrouvé lui aussi au quartier disciplinaire, privé de ses affaires et sans draps ni serviette de toilette, selon Me Tenier.
           
"Cela devient insupportable. De tels comportements, de la part de certains surveillants, jettent l'opprobre sur l'ensemble du personnel pénitentiaire (...) et peuvent transformer des détenus en boule de haine", commente Me Tenier.


Un rapport avait déjà pointé "violence" et "usage disproportionné de la force" par certains surveillants


Dans un rapport publié en juin, suite à la visite de huit contrôleurs en janvier 2017, la contrôleure générale des prisons Adeline Hazan avait pointé la "violence" et "l'usage disproportionné de la force" par certains surveillants de la prison de Rennes-Vezin et saisi la Garde des sceaux, a-t-on appris récemment.
           
Après cette visite, Mme Hazan a saisi le ministère de la Justice en juillet 2017, mars 2018 et février 2019 mais n'a pas obtenu de réponse, a-t-on indiqué auprès de la CGLPL. Les faits mentionnés dans le rapport sont antérieurs à ceux pour lesquels deux plaintes viennent d'être déposées.
           
Eric Toxé, responsable Ufap-Unsa Justice du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin avait estimé auprès de l'AFP que le rapport de Mme Hazan relevait du "fantasme" et que les surveillants "travaillaient dans des conditions exécrables".
 
Rapport violence prison de Vezin juin 2019
Dans un rapport publié en juin, la contrôleure générale des prisons avait pointé la "violence" et "l'usage disproportionné de la force" par certains surveillants de la prison de Rennes-Vezin. Ce que les syndicats réfutent.  - France 3 Bretagne - Thierry Brehier

 

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