Chute du prix du lait : "Ce n'est pas facile à vivre quand on a du mal à honorer les factures"

Cécile Planchais est agricultrice à Noyal-sur-Vilaine, près de Rennes. Comme beaucoup d'autres, elle doit faire face aux prix des produits agricoles qui dégringolent. Son témoignage est représentatif du ras-le-bol du monde paysan.

À la ferme, c’est service en continu pour que ces dames aient toujours quelque chose à manger. Et ce petit quelque chose a évidemment un coût : "ça représente une part importante, toute la partie alimentation. On est en période hivernale. Mes vaches ont du maïs à l'auge toute la journée, donc le maïs, il faut l'implanter, le semer, le récolter également et c'est complété avec de l'aliment qu'on achète pour avoir une ration équilibrée", explique Cécile Planchais, agricultrice à Noyal-sur Vilaine (35) et élue à la Chambre d'agriculture.

Le gasoil, une charge fixe

Ces trois dernières années, le prix de l’aliment a grimpé de 30 %, comme celui du carburant ou celui du matériel agricole, dont l'agricultrice rappelle l'importance : "Le matériel, c'est notre outil de travail pour soigner les vaches, pour pailler, pour faire notre travail au quotidien de toute façon et puis pour nos cultures. On n'a pas le choix. On ne peut pas faire fonctionner une ferme sans tracteur, sans télescopique, c'est juste pas possible. Donc, on a une charge de gasoil, c'est une charge fixe".

Un veau que je vendais quand je me suis installée 200 euros et plus, aujourd'hui je le vends 50 euros ! C'est plein plein de choses qui font qu'aujourd'hui les agriculteurs n'en peuvent plus.

Cécile Planchais

agricultrice à Noyal-sur-Vilaine (35)

Et pendant que tout augmente, le prix des produits agricoles, lui, est en baisse : 407 euros les 1000 litres de lait, alors qu'il allait en moyenne jusqu'à 600 euros les 1000 litres en 2022. Un engrenage infernal, source de grande détresse : "On ne maîtrise rien pour le prix du litre de lait, c'est pareil pour les animaux quand ils partent. Un veau que je vendais quand je me suis installée 200 euros et plus, aujourd'hui, je le vends 50 euros ! Enfin voilà, c'est plein de choses qui font qu'aujourd'hui les agriculteurs n'en peuvent plus"

Du mal à honorer les factures 

Ces prix en chute libre rappellent de mauvais souvenirs, ceux des dernières crises : "On prend les factures et puis on paie ce qu'on peut au fur et à mesure. Au bout d'un moment, on regarde les comptes tous les jours et puis cette facture-là, on la paie, mais cette facture-là, bah, on va attendre. Mais à un moment ça coince, tout simplement et ça n'est pas facile à vivre quand on bosse, quand on est installé depuis 10 ans, 20 ans, 25 ans et puis que l'on voit qu'on a du mal à honorer les factures"

Comme ses collègues sur les barrages, Cécile Planchais le répète, elle souhaite simplement vivre de son travail. 

Avec Séverine Breton et Stéphanie Labrousse

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