Comme Notre Dame de Paris, le Parlement de Bretagne a été ravagé par les flammes, et reconstruit

Parlement de Bretagne à Rennes
Parlement de Bretagne à Rennes

L'incendie de Notre Dame de Paris rappelle de mauvais souvenirs aux Bretons. Le 4 février 1994, les Rennais sont sidérés devant le Parlement de Bretagne en proie aux flammes. Les dégâts sont considérables dans ce joyau du patrimoine régional.  Qui sera reconstruit à l'identique.
 

Par Stéphane Grammont

Le matin du 5 février, la foule reste silencieuse devant le spectacle désolant du Parlement de Bretagne en proie aux flammes. Le feu a pris dans les combles, on le saura plus tard, à cause d'une fusée de détresse partie de la manifestation monstre des pêcheurs dans la capitale bretonne.

Parmi les rennais, Edmond Hervé, le maire de Rennes, et son adversaire politique dans la région, le garde des Sceaux et maire de Vitré. "C'est tout un symbole de la Bretagne qui part en flammes ce soir" dit le premier, ému aux larmes. Pierre Méhaignerie ajoute: "ce jour devient véritablement sombre, pour Rennes  et pour la Bretagne".

Dans la journée, les pompiers pourront enfin pénétrer dans le bâtiment, qui abritait et abrite encore aujourd'hui la Cour d'Appel de Bretagne. Ils retirent tout ce qui peut être sauvé, tapisseries, tableaux. A ciel ouvert, dans le squelette du bâtiment, on constate que les dégâts sont considérables.
 

La charpente, le point faible des monuments

Comme pour l'incendie dramatique de la cathédrale Notre Dame de Paris ce lundi 15 avril, le feu a pris dans les combles.

La charpente, en bois de chêne, date du XVIIè siècle.

Construite comme une coque de bateaux, elle n'est pas compartimentée. Le feu se propage alors très vite, alimenté par le plomb utilisé dans les assemblages, qui, fondu, devient un redoutable combustible.

La charpente et le toit s'effondrent, blessant trois pompiers. L'intérieur du bâtiment n'est plus accessible aux soldats du feu, qui n'ont que leurs lances pour lutter, et éviter que le feu ne se propage aux bâtiments voisins.
 


L'union sacrée pour la reconstruction


Après avoir sauvé ce qui pouvait l'être s'est posée la question de la reconstruction. Le bâtiment, qui abritait et abrite encore la Cour d'Appel, dépendait du ministère de la justice, dont le garde des Sceaux était justement Pierre Méhaignerie.

Comme pour la cathédrale de Notre Dame au lendemain de l'incendie, une union sacrée politique s'est faite autour du sauvetage du Parlement de Bretagne.

Entre reconstruction à l'identique ou innovation, le dossier était entre les mains des Bâtiments de France, et la commission supérieure des monuments historiques.
 
Mais dès le lendemain de l'incendie, une association se crée, à l'initiative du président de l'université de Rennes, Claude Champeaux, dont France 3 Ouest, Ouest-France et la librairie Le Failler étaient partenaires: l'association pour la renaissance du parlement de Bretagne.

Immédiatement, comme aujourd'hui pour Notre Dame de Paris, les dons affluent.

25 millions de francs sont recueillis en quelques mois. Un mois plus tard, un concert de soutien est organisé avec des stars de la musique bretonne comme Dan Ar Braz, Alan Stivell ou Denez Prigent.

Tandis que se met en place un lieu tenu secret dans la ville de Rennes pour la restauration des œuvres d'art, le Parlement est recouvert d'un échafaudage et d'un toit de tôle.

10 ans de chantier

Non seulement le bâtiment conserve tout son intérêt patrimonial, en étant reconstruit à l'identique, mais il ne manque pas d'audace architecturale.
 


La charpente, surnommée comme celle de Notre Dame "la forêt", est remplacée par d'énormes poutres de métal. La création d'un niveau supplémentaire sous les toits va considérablement améliorer les conditions de travail du personnel de la Cour d'Appel, qui y sera plus à l'aise.

Le bâtiment, retrouve son apparence et son statut de Versailles breton, enfin connu des Rennais, tout en étant modernisé. Il recevra près de 60 000 visiteurs en 2004.




 

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