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Agression physique de 4 soignants aux urgences de Rennes : la patiente a été placée en garde à vue

L'entrée des urgences au CHU Pontchaillou à Rennes / © France 3 Bretagne - G. Le Morvan
L'entrée des urgences au CHU Pontchaillou à Rennes / © France 3 Bretagne - G. Le Morvan

Le syndicat Sud dénonce "une agression physique d'une grande violence" aux urgences de l''hôpital de Rennes. Une patiente s'en est pris physiquement à des membres du personnel soignant ce lundi 10 juin. Des plaintes ont été déposées. La patiente a été placée en garde à vue ce mardi après-midi.

Par Thierry Peigné


Il était 9h15 ce lundi, lorsque qu'une jeune patiente a agressé physiquement des équipes soignantes des urgences. Selon le syndicat Sud santé sociaux, un médecin se serait retrouvé à terre sous les coups. Il a fallu l'intervention de cinq agents du service de sécurité pour maîtriser l'agresseuse, avec l’aide de quatre autres soignants.

"La patiente était là depuis un certain temps. Elle était sur un brancard dans un couloir. Alors qu'elle était contentionnée, la patiente, énervée, a réussi à se détacher et a agressé les personnels soignants" explique  Bertrand Audiger, membre de Sud santé sociaux. 

Un médecin, deux aides soignantes et une infirmière ont déposé plainte au commissariat de Rennes à la suite des faits. Une infirmière et une aide soignante doivent aller voir la médecine légale ce mardi.
 

Une violence "quotidienne qui se banalise"

Selon le syndicat, cet acte de violence "fait partie des situations de violences auxquelles sont confronté quotidiennement les personnels soignants". "Ces situations de tensions sont générées bien souvent par des délais de prise en charge trop inadaptés" ajoute le syndicat.

Pour Bertrand Audiger, "la violence se banalise malheureusement depuis des années". L'attente dans les couloirs crée une impatience qui dérape parfois en insultes qui peuvent aller jusqu'à des agressions physiques. "Il faut traiter la question du manque de moyens aux urgences de manière plus globale" dénonce le syndicaliste. "Il faut rouvrir des lits à l'hôpital. On a tout basé sur l'ambulatoire pour diminuer les effectifs et au résultat, des patients se retrouvent aux urgences alors qu'ils devraient être dans les services" ajoute-t-il.

Le syndicat interpelle la direction du CHU de Rennes lui demandant de faire en sorte que ces situations de tensions soient réduites "par un dimensionnement en conséquence de la filière d’aval, pour réduire considérablement le temps d’attente et de prise en charge aux urgences du CHU de Rennes, en remettant les lits supprimés, notamment par le développement démesuré de l’hospitalisation en ambulatoire".

Le syndicaliste dénonce la fermeture cet été (du 5 juillet au 18 août) de 20 lits d'accueil d'urgence mis en place "il y a moins d'un an", des lits fermés selon lui pour rapatrier des personnels aux urgences, "alors que ce service avait démontré toute son utilité".
Un syndicaliste sur le manque de moyens aux urgences
Bertrand Audiger, syndicat Sud santé sociaux, invité du 12/13 Bretagne de ce mardi 11 juin. Interviewé par Valérie Chopin
 

Un évènement "lié à la personne" selon la direction

Même si la direction du CHU de Rennes soutient les personnels qui se sont fait agressés et rappelle qu'elle les a accompagnés, elle précise que  cet épisode de violences n'est pas opportun pour mettre en avant une recrudescence des agressions découlant d'une attente excessive et d'un manque de personnels soignants.

Selon Mylène Coulaud, directrice des soins et directrice de garde ce weekend, l'agression de ce lundi est un cas "lié à la personne" de la patiente arrivée à 8h et placée ausitôt dans une salle de déchocage vu son "état" très agité. La patiente était devenue violente 1h15 après son arrivée au CHU. 
 
La direction du CHU de Rennes suite à l'agression aux urgences
Mylène Coulaud, directrice des soins au CHU de Rennes / Reportage : G. Le Morvan - J.M. Piron

Mylène Coulaud a précisé que l'établissement hospitalier portera également plainte dans cette affaire. Ce mardi après-midi, la jeune patiente a été placée en garde à vue au commissariat de Rennes.

Ce mardi, une journée nationale de mobilisation est organisée ce jour dans les hôpitaux à l'appel de plusieurs syndicats pour protester contre le manque de moyens. Depuis deux mois, les mouvements de grève des urgences se multiplient un peu partout en France alors que la future loi Santé est débattue à l'assemblée. En Bretagne, des mobilisations ont déjà eu lieu entre autres dans les hôpitaux de Quimper, Rennes ou encore Brest.
 

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