Rennes : "Aurora", l'album de la renaissance pour le groupe Marquis

Marquis, c'est le groupe issu de Marquis de Sade, après la disparition du chanteur charismatique Philippe Pascal en 2019. Les Rennais sortent "Aurora" ce 5 février, avec de nombreuses collaborations pour cet album de la renaissance et au micro, un jeune chanteur flamand, Simon Mahieu. 

Le nouveau groupe Marquis
Le nouveau groupe Marquis © Luccio di Rosa

Ce devait être le 3e album du groupe Marquis de Sade, ce sera le premier de Marquis. Le nouveau nom s'est imposé après la disparition du chanteur iconique Philippe Pascal au mois de septembre 2019.

Marquis de Sade, groupe fondateur de la scène rock rennaise, avait marqué la fin des années 70, avec deux albums, "Dantzig Twist", en 1979 et "Rue de Siam" en 1981 entre post punk et new wave. Et en 2017, après plus de 35 ans de sommeil il se reformait, pour un premier concert, puis une tournée. L'écriture de nouveaux titres était engagée, mais l'aventure devait être stoppée nette dans son élan. 
 

Aurora, pour un nouveau départ

Après trois années, d'épreuves, de doutes, de tragédies, c'est la sortie ce 5 février, d'"Aurora", un album hommage, porteur d'un héritage de quelque 40 ans, mais qui marque aussi et surtout un nouveau départ.

 

 

Le noyau dur de Marquis, c'est le guitarise auteur-compositeur, Franck Darcel, Eric Morinière à la batterie et Thierry Alexandre pour la basse, les trois sexagénaires de Marquis de Sade, mais avec eux on retrouve désormais le rennais Nicolas Boyer à la guitare (ex-Noir désir) et le chanteur belge Simon Mahieu

 


La rencontre décisive avec Simon

La rencontre dans un studio de Bruxelles, avec le jeune Flamand sera comme une révélation. "Il sonne vraiment comme on avait envie, analyse Franck, on l'a rencontré, on était d'accord sur plein de choses, il écoute la même musique que nous. En plus il ne connaissait pas Marquis de Sade, il n'avait pas une pression sur les épaules, qui aurait pu le paralyser un petit peu. Il est Flamand, il a 32 ans et donc il amenait de la légèreté dans un projet qui était quand même un peu sombre."
 

"Je ne connaissais pas du tous Marquis de Sade confirme d'ailleurs Simon, c'est après quelques enregistrements, que je suis allé chercher sur internet. Et après je me suis dit whoou... je connais pas, mais ils sont vraiment légendaires en Bretagne et en France. Donc c'est très bizarre pour moi. Ils sont un peu les Joy Division d'ici !" 

 

De la "famille rennaise" au légendes du punk américain

Mais une partie des textes d'Aurora est chantée par d'autres. Des proches, de ceux qui ont compté dans l'histoire du groupe. A l'image de Christian Dargelos, tout premier chanteur du groupe, dont la contribution sur "Holodomor" avec celle de Sergeï Papail, rappelle l'origine punk de la formation. Il y a aussi l'hommage vibrant d'Etienne Daho à Philippe Pascal dans "Je n’écrirai plus si souvent", également Dominic Sonic, disparu l'été dernier et qui reprend magnifiquement le titre "Ocean" du Velvet Underground.
 


"Tous ces gens là, à des degrés divers ont fait partie de la Movida rennaise, qui a fait changer la ville au début des années 80, se souvient le compositeur et leader du groupe. Ce retour aux bases, c'était important. Et on s'est rendu compte que la famille rennaise au travers des coups durs qu'on a traversés, au-delà de la musique, était soudée. Ce disque raconte ça aussi. Cette bande de post-adolescents de la fin des années 70, qui sont sexagénaires maintenant et tout ce qui les a lié... c'est un peu dans les textes de l'album aussi." 

Un album où on compte aussi la voix de Dirk Polak du groupe hollandais Mecano, sur  "Soulève l’horizon"  et celle de la comédienne Marina Keltchewsky, en duo avec Simon.

Des collaborations au chant mais également instrumentales, comme le saxophone de Daniel Paboeuf, membre historique du groupe ou les guitares de Xavier Geronimi et Kobe Dupont.

Mais encore celles des figures emblématiques et légendaires du mouvement punk américain, Ivan Julian  (The Voidoids) et Richard Lloyd (Television), ou encore le sax de James Chance. "Ils apportent quelque chose parce que non seulement ils ont un son, ils sont très bons, développe encore Franck Darcel, mais ce sont des gens qui ne font pas les choses à moitié. C'est à dire que quand ils jouent ils donnent tout, c'est un peu à l'image de New York. Et c'était cette énergie là dont on avait envie." 

MARQUIS - making of "Brand New World"

Déjà salué par la presse spécialisée

Le titre "More Fun Before War" est dans une des dernières compilations des Inrocks, qui salue l'arrivée de Simon Mahieu dans le groupe "Déjà présent sur le premier single  European Psycho, le jeune Belge est de retour sur l’électrisant et martial More Fun Before War, entérinant avec force et vigueur sa place dans la nouvelle formation". Le magazine Rolling Stone décerne quatre étoiles à "Aurora", pour Télérama ce sont trois clefs pour "un chant du cygne. Fiévreux, émouvant." "le disque se dépoie sur tous les fronts d'un rock fiévreux et cérébral où les guitares de Franck Darcel et de ses comparses new-yorkais se taillent la part du lion" . Et pour Gonzo Music encore "Aurora" est "le disque made in France le plus indispensable de ce début d’année".



Et demain pour le Marquis ?


Après la sortie de l'album "Aurora, ce 5 février, l'avenir c'est naturellement la scène, dès que la situation sanitaire le permettra. La résidence à Saint-Lô, à la fin du mois de janvier, où ils ont pu roder leurs titres, leur a donné de furieuses envies de retrouver le public très vite. Des rendez-vous sont d'ores et déjà envisagés pour Rennes et Paris, avec le désir très fort aussi de jouer à New York.  

Et puis, Philippe Pascal avant de nous quitter avait enregistré deux titres, qui devraient sortir à part à la fin de l'année, dans une intégrale, un coffret qui retracera l'histoire de Marquis de Sade. 

Et Marquis n'a pas l'intention d'en rester là. Le groupe envisage déjà un nouvel album, sur lequel il compte se mettre à travailler dès l'automne... 

 

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