Rennes : deux détenus déposent plainte contre des surveillants du centre pénitentiaire

Publié le Mis à jour le

Deux détenus du centre de détention de Vezin-le-Coquet près de Rennes ont déposé plainte vendredi 4 septembre. Ils auraient été victimes de violence de la part de gardiens.
 

Deux détenus auraient été violentés par leurs surveillants à la prison de Vezin-le-Coquet en périphérie de Rennes. Pour le premier détenu âgé de 28 ans, les faits se seraient déroulés en juin 2020. Pour le second âgé de 33 ans, les blessures remonteraient au 17 août dernier. Leurs avocates, Amina Saadaoui et Gwendoline Tenier, ont déposé plainte vendredi 4 septembre auprès du parquet de Rennes.


Torsion de bras


Maître Amina Saadaoui raconte que l’un des détenus refusant de faire une flexion (plier les genoux comme pour s’assoir, ce qui fait tomber les objets cachés dans l’anus), des torsions de bras auraient été exercées sur lui pour l’amener au quartier disciplinaire. Il aurait ensuite été jeté sur un lit en fer, déshabillé et forcé à écarter ses jambes pour vérifier qu’il n’avait rien caché dans son anus.
 

"Des violences extrêmement graves"


Le second aurait été roué de coups et présenterait des ecchymoses diverses et variées principalement au niveau du buste mais également au niveau du cou car il y aurait eu un étranglement de la part d’un des surveillants. "On est sur des violences extrêmement graves, estime Amina Saadaoui. Des certificats médicaux en attestent." 

Lors de la première affaire remontant à juin, six surveillants auraient été présents. Pour la seconde, en août, entre 4 et 6 gardiens auraient assisté à la scène. L'auteur des coups serait identifié, selon l'avocate.

Les détenus se rapprochent de nous car ils ont peur puisqu’ils restent avec ces surveillants."

Maître Amina Saadaoui


Les deux  affaires se seraient passées dans le quartier disciplinaire et d’isolement. Déjà en mars 2019, des faits identiques avaient été dénoncés lors d’une fouille à nu dans ce quartier disciplinaire de Vezin-le-Coquet. La plainte auprès du parquet de Rennes ayant été classée sans suite, les avocates, dont Maître Gwendoline Tenier, avait alors déposé une plainte avec constitution de parties civiles pour violences aggravées. L'instruction est toujours en cours.

"Si nos plaintes sont encore classées sans suite pour ces deux nouveaux cas, nous déposerons à nouveau plainte avec constitution de parties civiles", assure Maître Saadaoui, associée de Maître Tenier.
 

La direction et les syndicats de surveillants attendent de voir...


Du côté des syndicats, Eric Toxé de l’UFAP, assure ne pas connaître cette affaire et doute d’un tel comportement de la part de surveillants des quartiers d’isolement et disciplinaire : "Ils sont hyper pro. Ils ont des formations sur la gestion des détenus difficiles. Et il y a des caméras partout. On va laisser l’instruction se dérouler. En général ça fait pschitt."

La direction interrégionale pénitentiaire de l'Ouest, quant à elle, ne souhaite pas s’exprimer et attend que l’affaire suive son cours.