Rennes : patrons de bars et restaurants "fêtent" l’anniversaire du confinement pour alerter sur leur situation

Un an après, ils souhaitent “fêter” l’anniversaire du confinement à leur manière. Ce samedi 13 mars, des gérants de bars et restaurants offrent des boissons aux passants de la place des Lices à Rennes pour alerter sur leur situation. Une initiative du collectif On va tous trinquer.

A Rennes, des membres du collectif On va tous trinquer distribuent des boissons aux passants pour alerter sur leur situation.
A Rennes, des membres du collectif On va tous trinquer distribuent des boissons aux passants pour alerter sur leur situation. © Céline Serrano / France Télévisions

C'était le 14 mars 2020, il y a un an. Edouard Philippe, alors Premier ministre, annonce la fermeture surprise des lieux recevant du public "non indispensables à la vie du pays", quelques heures plus tard, à minuit. Une annonce vécue comme un choc.

Un an après, patrons de bars et restaurants se réunissent place des Lices pour marquer le coup et “alerter sur la précarisation de la filière”, affirme Pierre Clolus, membre du collectif On va tous trinquer et élu à l’Umih 35. Devant le bar Les innocents, plusieurs d’entre eux distribuent symboliqement, ce samedi 13 mars, cafés et jus de fruits offerts par leur fournisseurs “car tous leurs stocks sont en train de périmer”, ajoute Pierre Clolus.

Cinq mois d’ouverture en un an

Sur les douze derniers mois, les établissements ont pu rouvrir entre les deux confinements, pendant cinq mois.  “Les aides de l’Etat sont plus conséquentes depuis le mois de décembre seulement”, rappelle Pierre Clolus. ”Mais derrière, il y a les PGE (prêts garantis par l'Etat) à rembourser.”

Personnellement, je n’ai pas eu les aides de janvier et février, ni le salaire de mes employés. L’Etat me doit 60 000 euros.

Pierre Clolus, restaurateur à Rennes et membre du collectif On va tous trinquer

 


Régionalisation des règles d’ouverture

La principale revendication du collectif ? La régionalisation des règles d’ouverture. “Le Grand-Ouest est très peu touché par la crise sanitaire”, poursuit Pierre Clolus. “On aimerait être les premiers à rouvrir pour donner l’exemple, avec un protocole sanitaire adapté. On ne comprend pas comment les cantines scolaires mangent à 500 élèves en même temps. C’est incompréhensible pour nous.”

Si aucune date n'a été annoncée par le gouvernement, le président du groupement des chaînes hôtelières, Jean-Virgile Crance, rapporte que l'exécutif a laissé entendre qu'une réouverture est envisageable "entre le 15 avril et le 15 mai". Une décision qui dépend de l'accélération de la campagne de vaccination. Des annonces qui n’en sont pas pour le collectif On va tous trinquer: “On nous parle d’une ouverture des terrasses des restaurants dans un premier temps, puis les bars en juin", souffle Pierre Clolus. "On ne veut pas de différences entre les établissements !”

Fabienne et Katell, clientes habituées : "Le petit café en terrasse, ça manque”.
Fabienne et Katell, clientes habituées : "Le petit café en terrasse, ça manque”. © Céline Serrano / France Télévisions


Pour les clients aussi, la situation commence à être difficile. Assise sur un coin de fenêtre d’un bar place des Lices, Fabienne se remémore “le bon vieux temps” avec son amie Katell. "Le petit café en terrasse, ça manque”, témoigne Fabienne. “Quand on voit le nombre de personnes qui fréquentent le marché, on s’interroge. Pourquoi être agglutiné dans une file d’attente est autorisé et être assis en terrasse éloigné les uns des autres ne l'est pas ?” Pour ce samedi, les deux amis se satisferont du café à emporter, pour casser “la monotonie de la semaine”. “C’est très dur d’être enfermée chez soi depuis tout ce temps. Vivement la fin !”

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