Rennes : le quotidien et l'angoisse d’une auxiliaire de vie face au coronavirus

Publié le Mis à jour le
Écrit par Stéphane Izad
Anne, 99 ans et Martine, son auxiliaire de vie, qui lui est indispensable
Anne, 99 ans et Martine, son auxiliaire de vie, qui lui est indispensable

Les auxiliaires de vie sont en première ligne face au coronavirus. Elles se débrouillent avec les moyens du bord pour faire face aux risques sanitaires. Martine témoigne de son quotidien avec les personnes dont elle s'occupe.
 


Martine Durocher, 55 ans, est auxiliaire de vie depuis 1998, elle est entrée à l’association rennaise « Mieux vivre chez soi » en 2003 et s’occupe au quotidien des personnes fragilisées et généralement assez âgées : "On va au domicile des personnes qui ne peuvent plus ou ne veulent plus sortir, certaines à cause du handicap, certaines à cause de la maladie ou tout simplement parce qu’elles n’en ont plus les capacités."


"Seulement deux masques par auxiliaire"


Depuis le début de la crise sanitaire, elle fait comme elle peut pour éviter la propagation de l’épidémie, mais n’a quasiment pas de matériel pour faire face aux risques. « On n'a rien pour se protéger ! On demande à des amis s’ils n’ont pas un masque ou des gants ; là on essaye de voir si on peut se procurer des masques en tissu, mais on ne sait pas ce que cela vaut. Notre responsable s’est déplacée  plusieurs fois pour nous en procurer,  on a eu seulement deux masques par auxiliaire !»

Au début, Martine avait trouvé un peu de gel, mais il terminé depuis longtemps. Et c’est encore pire pour les masques... "Nous, on s’en fiche d’acheter mais on en trouve pas !"
 
 

De la toilette, au repas en passant pas l'habillement


Pourtant ses tâches sont multiples au domicile des personnes âgées, et les contacts sont fréquents. "On fait tous les actes de la vie quotidienne, les toilettes pour les personnes handicapées, les repas, on les habille, on fait aussi la préparation du couché, pour certaines personnes, ce qui nous fait parfois finir tard le soir."

Au cours de la semaine, Martine s’occupe en moyenne de huit maisons. "On voit entre 5 et 6 personnes par jour, avec qui on passe entre une et deux heures, trois si c’est un couple."

"Avec nos personnes âgées, on essaye de leur expliquer, de leur dire en ce qui concerne le lavage des mains, mais elles ne comprennent pas toujours, elles disent qu’elles ont connu la guerre... Certaines n’ont plus les capacités de comprendre, elles aimeraient qu’on porte un masque et des gants, mais on n'en a pas ! On est en lien avec les infirmières, mais nous, on a rien du tout, et comme on n'est pas testé, on ne sait pas si on va transmettre involontairement le virus, ça peut finir par poser des problèmes."
 

"On sent la vague qui arrive"


Martine ressent comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, elle voit bien que les mesures de protection ne sont pas adaptées, mais elle ne peut pas laisser les personnes dont elle s’occupe livrées à elles-mêmes : "On est un peu inquiètes parce qu’on sent que ça arrive ! Pour l'instant, la vague n’est pas tellement sur la Bretagne, on sent qu’elle n’est pas encore arrivée ici, mais nous sommes inquiètes... On essaye de relativiser avec nos personnes âgées, mais pour nous, c’est angoissant."


 

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