Rentrée étudiante. Toujours plus chère, près de 3 000 euros pour les étudiants bretons

2 942 euros, c'est ce qu'un étudiant rennais va devoir débourser à la rentrée, 2 750 euros en moyenne dans les autres villes universitaires de l'ouest de la région. Des frais de rentrée et de vie courante en augmentation de quelque 4%. Une inflation généralisée qui risque de générer encore plus de précarité chez les étudiants et les obliger à des économies drastiques.

Une rentrée de plus en plus chère, c'est ce qui est observé partout en France et en Bretagne en particulier. Après le syndicat étudiant l'UNEF, qui annonçait ce 14 août que le coût de la vie étudiante allait augmenter de 6,47 % à la rentrée 2023, c'est au tour de La Fage, fédération des associations étudiantes, de publier son rapport sur le coût de la rentrée pour les étudiants en France, pointant des augmentations notables.

La Bretagne n'est pas en reste, avec des frais en hausse, de 3,7 % à Rennes par exemple, à plus de 6 % à Vannes. Une inflation provoquée en partie par la hausse du coût des logements, premier poste de dépense pour les étudiants, avec en Bretagne une situation particulièrement tendue sur l'immobilier. Mais l'inflation générale, pour ce qui concerne les frais de téléphonie, d'internet ou encore pour l'alimentation, n'est, elle non plus, pas sans effet sur leur budget.

Des coûts de rentrée de + 3,7 % à Rennes, à + 4,57 % dans les villes de l'ouest

Pour ce qui concerne la ville de Rennes, qui concentre beaucoup d'étudiants bretons, le coût de la rentrée pour 2023 est de 2942,53 € soit une augmentation de 3,7% par rapport à la rentrée de 2022. (Chiffres de la Fédération des associations de Haute Bretagne). Un indicateur se basant sur la situation d'un étudiant moyen : 20 ans en licence, non boursier et vivant dans un logement privé.
Ce coût est observé pour les frais spécifiques de rentrée, mais également pour ceux de la vie courante, payés chaque mois.

Sur cette carte, retrouvez le coût de la rentrée étudiante dans les principales villes universitaires bretonnes. Le prix s'affiche en cliquant sur la ville souhaitée.

À l'ouest, les villes universitaires de la région, à savoir Brest, Quimper, Morlaix, Lannion, Lorient et Vannes, connaissent une situation identique, avec une augmentation non négligeable des charges pour les étudiants, selon les chiffres de la Fédération des associations étudiantes de Bretagne Occidentale. Globalement, pour l'ensemble de ces villes, le coût de la rentrée s'élève ainsi à 2 740.83 €, soit + 4,57 % par rapport à la rentrée 2022. C'est la ville de Vannes qui, une nouvelle fois, connaît une augmentation plus importante, de 6,09 %, suivi par Quimper avec 5,75 %, Morlaix avec 4,55 % et, plus loin, Brest avec une augmentation de 3,85 %.

Si Vannes reste encore une fois la ville la plus chère de Bretagne Occidentale, c'est en raison du coût du logement plus élevé que dans les autres villes, lié à sa situation très touristique et à une concurrence des locations saisonnières.

Des frais spécifiques de rentrée en hausse de 2,43 à 3 %

Dans le détail, les frais de rentrée, c'est-à-dire les frais d'inscription, matériel pédagogique, assurance, garantie, mutuelle, frais d'agence, contribution vie étudiante et campus (CVEC), s'élèvent cette année à 1791,04 € pour un étudiant rennais. L'augmentation est ainsi de 2,43 % par rapport à la dernière rentrée.

Dans les autres villes, ces frais spécifiques de rentrée augmentent de 3,02 %, avec un coût total de 1 670.21 €, avec l'ensemble des postes en augmentation, à l'exception des frais d'inscription et d'agence. Ce sont ainsi les complémentaires santé (+ 5,08 %), et les assurances logement (+ 6,91 %) qui connaissent la plus forte hausse.

Les plus fortes hausses pour les frais de la vie courante

Les étudiants n'échappent pas, eux aussi, à l'inflation générale. Pour les frais de la vie courante, qui correspondent au loyer, transport, alimentation, téléphonie, loisirs, équipements divers, repas, ce montant est de 1151,49 € à Rennes, ce qui correspond à une augmentation de 5,72 % par rapport à 2022.

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Ulysse David, vice-président de la Fédération des associations de Haute Bretagne (FAHB), explique que l'inflation qui touche l'alimentation et le logement va durement toucher le porte-monnaie des étudiants. ©Manon le charpentier - Philippe Queyroux

Des hausses des produits de première nécessitée, Sacha, étudiante à Rennes, nous livre qu'elle les a déjà constatées, car son panier de course "a vachement augmenté, passant de 20 € à 40 €" même si elle reconnait que "le contenu a un peu changé". Même topo pour Hénal, en master de mathématique à Rennes, qui nous confie comme exemple que "son camembert hebdomadaire est passé de 2,20 à près de 3 €". Et ces deux étudiants de parler du coût de l'essence ou du prix du logement qui augmente chaque année.

Dans les autres villes universitaires bretonnes, ce coût s'élève à 1 070.62 €, soit une augmentation de 7,08 % depuis la rentrée 2022. Les augmentations les plus conséquentes concernent la téléphonie (19,05 %), l'alimentation (15,34 %), le transport (7,95 %) et les complémentaires santé (5,08 %).

Nul doute qu'avec de telles augmentations, la précarité étudiante risque de s'aggraver.