Street art : avant Banksy, l'artiste italien Blu passé par Rennes, avait détruit plusieurs oeuvres

La fresque de Blu sur le mur du TNB à Rennes / © S.Salliou
La fresque de Blu sur le mur du TNB à Rennes / © S.Salliou

Blu est un street artiste italien connu dans le monde entier. Bien avant le coup d'éclat de Banksy, il y a 15 jours, en 2016, il a détruit près de vingt années de graffs dans sa ville, Bologne en Italie, en signe de protestation. En 2010, il avait fait étape à Rennes. 
 

Par Sylvaine Salliou


Le vendredi 5 octobre, une toile de Banksy, ce mystérieux et facétieux artiste britannique s'est partiellement auto-détruite, juste après avoir été vendue aux enchères pour plus d'un million d'euros chez Sotheby's à Londres. Un coup d’éclat du street artiste, qui en a amusé ou irrité plus d’un. 

L’autodestruction de cette oeuvre de Banksy, n'était pas la première manifestation de révolte d’artistes.

 

Connaissez-vous Blu? 



Blu est un plasticien connu dans le monde entier pour les fresques qu'il réalise dans l'espace urbain. En 2010, il avait fait étape à Rennes pour réaliser une fresque sur la façade nord du Théâtre National de Bretagne, visible depuis le parking de France 3 Bretagne. Cette fressque avait été réalisée à l'occasion du festival Mettre en scène. La peinture avait alors servi de point de départ à la pièce Marx, un racconto d’inverno, mise en scène par Silvano Voltolina.

Elle, elle est intacte, encore visible.

 

Le robot sans coeur de Blu


En revanche, toutes les oeuvres de Blu qu'il avait réalisées dans sa ville natale de Bologne, ont été détruites en 2016. L'artiste les a recouvertes d'une peinture grise. En une nuit, il a supprimé vingt ans de travail, pour protester contre une exposition intitulée "Street art, Banksy & Co. L’art à l’état urbain". Cette expo s'était montée en arrachant les œuvres de l'espace urbain, sans autorisation, pour les présenter au public, au prix de 13 euros. Donc sans demander la permission aux artistes et sans les rémunérer. 
 
Blu accompagné d'amis graffeurs, recouvre ses œuvres de peinture grise, à Bologne en 2016 / © Blu
Blu accompagné d'amis graffeurs, recouvre ses œuvres de peinture grise, à Bologne en 2016 / © Blu


En 2014, Blu avait déjà détruit l'une de ses oeuvres les plus célèbres à Berlin, dans le quartier de Kreuzberg. Il l'avait repeinte de noir, car elle était l’objet de spéculation immobilière, sa présence faisant grimper le prix du mètre carré de l’immeuble d’en face.
 

Quelques points communs avec Banksy

Comme Banksy, l’Italien avait donc déjà protesté contre les spéculations dans le milieu du street art. Et comme l'artiste britannique, il y a une volonté permanente chez lui de provoquer le débat. Son art n’est pas conçu pour devenir une marchandise. Comme Banksy, Blu cultive aussi l’anonymat,  et ne donne aucune interview. Il tient juste un blog.

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