The transat CIC. Une traversée en solitaire à la voile de l'Atlantique nord qui peut être redoutable

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Le coup d'envoi de la 15ᵉ édition de The Transat CIC sera donné de Lorient dans le Morbihan le 28 avril. 48 concurrents sont en lice, dans trois catégories : IMOCA, Class40 et catégorie Vintage. De Lorient à New-York, ils parcourront une distance de 3 500 milles entre le continent européen et nord-américain. Une course rapide, mais difficile dans les tourments de l'Atlantique Nord.

La course au large en solitaire, c'est avant tout une histoire d'aventuriers, de compétitions et de passions. Même si la mythique transatlantique "The transat CIC" n'est pas la plus longue, ni la plus dangereuse des courses au large en solitaire, elle est réputée être la plus redoutable.

Comme depuis sa création en 1960, elle se disputera en solitaire contre vents et courants dominants, sur un parcours de 3 500 milles entre les continents européen et nord-américain depuis Lorient.

C'est la transatlantique en solitaire la plus compliquée, car fin avril début mai, il peut y avoir un enchaînement de systèmes dépressionnaires sur l’Atlantique Nord générant des vents de face.

Francis Le Goff

Directeur de Course de The Transat CIC

Volonté et courage

Volonté et courage sont les deux maîtres mot de cette course. Considérée, avant, comme une course longue distance, aujourd’hui, c’est désormais un sprint. Un bon test pour se préparer à la Route du Rhum et au Vendée Globe. Toutes les épreuves en solitaire sont rudes pour le skipper et pour le bateau, mais contrairement à toutes les autres transatlantiques d’est en ouest, The Transat est un défi sur toute la traversée et les obstacles sont nombreux. 

  

Nombreux obstacles

Les glaces et le brouillard sont les principaux dangers de cette traversée. Il faut également surveiller les cargos, bateaux de pêche, débris et mammifères marins. Certaines collisions peuvent être préjudiciables pour les bateaux et pour la faune marine.  

Des zones de protection des cétacés seront mises en place. L’objectif de ces zones de protection est de limiter les risques de collision entre les bateaux et la mégafaune marine. 

Pression énorme 

En fonction de la météo, le parcours peut se faire entièrement face au vent. Souvent, les skippers de The Transat se retrouvent confrontés à de grosses tempêtes sur une mer forte pendant des centaines de milles.  

Contourner par le nord, les dépressions qui progressent d’ouest en est, s’avère dangereux en raison des glaces qui dérivent de l’Arctique avec des vents de face. Des brouillards givrants réduisent la visibilité au sud de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse. 

Contourner par le sud peut ajouter des centaines de milles au parcours avec le risque de rester englués par des vents trop faibles.

Les marins ne descendront pas chercher les Alizés. Il peut y avoir du brouillard, de la pluie et du vent. La route la plus directe sera de passer par le nord, en montant vers Terre-Neuve. Mais ça n’est pas forcément la plus rapide. Tout dépendra des conditions météo.

Francis Le Goff

Directeur de la course de "The Transat CIC"

C’est dans les années 1960 que Francis Chichester, navigateur et aviateur anglais et Eric Tabarly ont fait leurs armes, lors de la course au large appelée à l'époque "Transat anglaise".

Les records de traversée étaient alors de 40 jours. Aujourd'hui, les spécialistes du solitaire, à la barre de bateaux très performant, parcourent cette distance en presque huit jours.

Mais si The Transat paraît plus accessible qu'à ces débuts, les conditions météo peuvent être redoutables, abandonnant les concurrents solitaires, face à une traversée "de l'enfer".

Le départ de Lorient sera à suivre ce dimanche 28 avril sur les antennes de France 3 Bretagne, dès 12h55.