Un chercheur rennais découvre le fossile exceptionnel d'un mammifère inconnu

Reconstitution de Spinolestes xenarthrosus basée sur le fossile exceptionnellement bien préservé découvert à Las Hoyas. L'animal mesurait environ 25 cm. / © O. Sanisidro.
Reconstitution de Spinolestes xenarthrosus basée sur le fossile exceptionnellement bien préservé découvert à Las Hoyas. L'animal mesurait environ 25 cm. / © O. Sanisidro.

La découverte est jugée exceptionnelle par ce chercheur de l'université Rennes 1. En 2011, avec une équipe de paléontologues internationaux, il a mis au jour le fossile parfaitement conservé d'un mammifère de 25 cm à poils et à épines ayant vécu il y a 127 millions d'années.

Par Thierry Peigné

"Une chance inouïe, qui n'arrive qu'une fois ou deux dans une carrière" nous dit Romain Vullo, paléonthologue, du laboratoire Géosciences Rennes (CNRS/Université Rennes 1).


Ce chargé de recherche au CNRS, âgé de 37 ans et en poste à Rennes depuis 3 ans, mesure l'aubaine qu'il a eu de participer à cette aventure. En 2011, avec 3 chercheurs espagnols, 1 américain et 1 allemand, il découvre sur le site de Las Hoyas en Espagne, le fossile d'un mammifère unique et inconnu dans un état de conservation parfait. Fouillé depuis 1986, ce gisement du Crétacé inférieur (-127 millions d'années), avait déjà permis la découverte d'un grand nombre de fossiles d'animaux terrestres et aquatiques, mais jamais de mammifère.
Spinolestes xenarthrosus (transféré dans une plaque de résine époxy et dégagé à l’acide). / © G. Oleschinski.
Spinolestes xenarthrosus (transféré dans une plaque de résine époxy et dégagé à l’acide). / © G. Oleschinski.

Un mammifère de 25 cm à poils et à épines

Le Spinolestes xenarthrosus, c'est le nom qui lui a été donné par l'équipe de paléontologues, devait peser il y a 127 millions d'années entre 50 et 70 g. Il avait des dents à trois pointes acérées, une colonne vertébrale et des pattes fouisseuses semblables à celles des tatous, une crinière tout le long du dos et des épines similaires à celles du hérisson dans le bas du dos. L'équipe a conclu qu'il s'agissait d'une nouvelle espèce d'une lignée de mammifères disparus à la fin de l'ère Mésozoïque (-252,2 à -66,0 millions d’années).
« Proto-épines » de Spinolestes xenarthrosus, localisées au niveau de la ceinture pelvienne (partie
dorsale). Barre d’échelle : 1 mm. / © R. Vullo
« Proto-épines » de Spinolestes xenarthrosus, localisées au niveau de la ceinture pelvienne (partie dorsale). Barre d’échelle : 1 mm. / © R. Vullo

Un état de conservation unique

"On avait l'impression de travailler sur un cadavre, de faire de la biologie, de l'anatomie, .." nous précise Romain Vullo lorsqu'il nous explique la qualité de préservation du fossile. "On découvre fréquemment des dents, parfois des squelettes, mais ici on avait le squelette mais également l'enveloppe, c'est à dire des bouts de peau, des poils et ces épines de 1 mm. La fossilisation était exceptionnelle, unique, une momie minérale. On a même eu des traces de tissus mous, des poumons fossilisés, du jamais vu".

Romain Vullo avec son équipe a mis 1 an pour dégager le fossile du Spinolestes xenarthrosus. Ils l'ont étudié deux années et ont rédigé un article scientifique en 2014. Ce 15 octobre, la découverte de cette nouvelle espèce de mammifère était relayée par la revue scientifique anglaise de référence Nature.

Le chercheur rennais travaille actuellement sur un nouveau fossile : celui d'un requin du Maroc.
Le chercheur rennais Romain Vullo (2ème en partant de la droite) avec une partie de l'équipe qui a découvert le fossile du Spinolestes / © DR
Le chercheur rennais Romain Vullo (2ème en partant de la droite) avec une partie de l'équipe qui a découvert le fossile du Spinolestes / © DR

 

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