Unique en France, le mur habité de Rennes remporte le prix du défi urbain

A la fois structure anti-bruit et série d'ateliers d'artisans d'art, le mur habité qui longe la voie ferrée Paris-Brest à Rennes a reçu le prix du Défi urbain. Une récompense attribuée aux réalisations en faveur d'une ville durable, inclusive, et accessible.

« C’est un équipement unique en son genre en France » explique Anthony Férard, responsable d’opérations chez Territoires, la structure qui a piloté le projet. « Le projet est parti de la contrainte de la voie ferrée. Il fallait mettre en place un mur contre les nuisances sonores pour que le quartier soit habitable."

Long de 120 mètres, le Mur habité qui serpente le long de la voie ferrée Paris-Brest, dans le quartier de Cleunay à Rennes, a été inauguré le 3 octobre 2020. Une réalisation qui vient d'être couronnée par le prix du Défi Urbain, catégorie Espaces Publics, délivré à Paris dans le cadre du Forum des Projets Urbains. 

Une architecture originale

Imaginé par les architectes Nicolas Lebunetel et Patrick Lepriol, le Mur habité est une structure en ossature bois constituée de 24 portiques, habillée d’un écran acoustique composé de panneaux pleins et transparents fixés sur une structure métallique secondaire. La façade plissée, organisée en trames horizontales et verticales, suit la courbure du chemin de fer.

La galerie supérieure relie le quartier d’Est en Ouest, et au niveau rue, des fenêtres paysagères offrent des percées visuelles vers le quartier.

« Il existe différents murs anti-bruit : certains consistent à absorber les bruits, d’autres les réfléchissent. C’est cette dernière solution que nous avons favorisée, car elle nous permettait d’offrir des vues, de libérer le regard, vers la voie ferrée et les quartiers au-delà » explique l'architecte Nicolas Lebunetel.

Des ateliers à la manière des échoppes d'autrefois

"Les ateliers du vent investissent régulièrement cet espace piéton le jeudi soir pour leurs événements artistiques. C’est pourquoi nous avons voulu que le projet accueille également des ateliers d’artisans et une promenade haute, au-delà de la simple fonction anti-bruit ." précise Anthony Férard.

A la manière des échoppes d’autrefois, chaque module de 20 mètres carrés accueille à la fois l’atelier et la boutique des huit artisans d’art qui exercent dans des domaines très variés : sérigraphie, artisanat plumassier, couture, joaillerie, fabrication d’abat-jour, stylisme, design… " Les boxes sont équipés pour répondre aux besoins d’artisans qui lancent leur activité, c’est une manière de les aider à démarrer " ajoute Anthony Férard. 

Achevé en 2020 après huit ans de travaux, le projet a représenté un budget d'investissement d'1 million d'euros, dont 300 000 euros financés par l'État au titre des Programmes d'Investissements d'Avenir 2.

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