Vaccination. Jusqu'à quand devra-t-on porter le masque ?

La vaccination des plus de 12 ans va franchir les 80%, celle des enfants commence fait débat, mais le vaccin nous fait-il oublier le port du masque ? L'obligation de porter le masque à l'extérieur a été en partie levée, mais son usage va t'il un jour disparaitre ? Eléments de réponses.

Le masque est arrivé dans nos vies comme un rempart à la contamination au Covid. Geste barrière efficace, son rôle est important pour éviter la propagation de virus.

Masques et vaccins sont les deux piliers qui endiguent une contamination massive de la population. leurs usages associés permet à la France, en cette fin septembre,  de voir une situation sanitaire face au Covid qui s'améliore.

De nombreux départements affichent un taux d'incidence inférieur à 50, seuil situé comme niveau d'alerte. 

Avec prudence, l'optimisme est de retour et beaucoup espère un retour à la "vie normale". Emmanuel Macron a évoqué un nouvel allègement des contraintes sanitaires le 16 septembre dans un futur proche : "Dès que les conditions sanitaires le permettront, et à mon avis, quand je vois les chiffres, ça ne devrait pas venir si tard", on lèvera "certaines contraintes sur les territoires où le virus circule moins vite", a déclaré le président de la République".

La vaccination et le pass sanitaire se sont imposés comme les outils importants dans la lutte face au Covid.

Le port du masque est également au cœur de la stratégie de lutte contre la transmission de virus. Son usage s'est répandu dans nos écoles, nos transports en commun, lieux de rassemblements mais pour beaucoup même si l'habitude s'installe, une forme de lassitude pointe.

Le masque on s'y habitue, mais le porter 8 heures par jour en classe, cela reste difficile.

Line Provost, lycéenne en terminale à Guer (Ille-et-Vilaine)


Si retour à la vie normale signifie fin des gestes barrières, l'Agence de Santé Régionale de Bretagne préfère rappeler que "nous avons déjà franchi des étapes importantes avec la levée progressive des mesures de restriction" et indique qu'avant de penser la fin des gestes barrières, leurs services "restent mobilisés sur l'organisation des campagne de vaccination".


Jusqu'à quand ?

Au regard des chiffres, la dynamique de vaccination en France a pris, déjà 74,2% de la population française tous âges confondus a reçu au moins une dose de vaccin, et cela monte à 86,2% au regard de la population éligible, les plus de 12 ans.

Pour Matthieu Revest infectiologue au CHU de Rennes, malgré le fait que les indicateurs soient très encourageants, "il est encore trop tôt pour crier victoire, la menace diminue mais elle ne s'éloigne pas de façon définitive".

Trop tôt pour crier victoire.

Matthieu Revest, infectiologue


A la question de la fin du port du masque, l'infectiologue du CHU de Pontchaillou de Rennes, membre du Haut Conseil de la santé publique reste très prudent rappelant que la vaccination seule ne peut pas contenir l'épidémie si les autres mesures sanitaires sont abandonnées. "Un élément qui nous fait dire que les mesures barrières en général, dont le port du masque en intérieur, vont devoir rester longtemps, c'est que quand on voit ce qui se passe en Israël où les gestes barrières ont été abandonnés, l'épidémie revient." 

Le vaccin fait énormément mais ne peut pas tout faire, il doit être associé aux mesures barrières pour contrôler l'épidémie.

Matthieu Revest

Dans la lutte face au Covid, Matthieu Revest précise que "étant donné la contagiosité de cette maladie, le vaccin ne peut pas tout faire. Il fait énormément, mais il ne peut pas tout faire. Il doit être associé aux mesures barrières pour contrôler de façon durable l'épidémie".

De plus la protection vaccinale ne reste pas stable sur la durée. L'infectiologue nous rappelle que le vaccin Pfizer, le plus présent en France voit sa protection vaccinale baisser à 68% d'efficacité après 6 mois.  
 

La question de l'immunité collective

 L'institut pasteur a modélisé un calcul afin d'évaluer le niveau de pourcentage de population vaccinée pour atteindre la fameuse immunité collective, qui permet à une société de vivre avec une maladie. Ce calcul amène au résultat de 80% de la population en France.

Cependant cette modélisation ne prend pas en compte la particularité de notre modèle de santé qui fait que la vaccination ne touche pas une partie de la population, les enfants de moins de 12 ans. Pour l'infectiologue breton, le niveau de vaccination des plus de 12 ans doit être proche de 100% vu l'extrême contagiosité du variant Delta. "Un niveau de 80% de population vaccinée n'est pas suffisant "pour faire 'effet troupeau' face au variant Delta. Afin d'éviter les résurgences il faut un seuil au delà de 95%."

La réintroduction du virus est également un sujet central pour protéger la population nationale. "Avant de lever le masque et les mesures barrières, il faudra que l'épidémie soit contrôlée de façon prolongée, et cela serait bien que l'on permette aux autres pays d'être bien vacciné également." Matthieu Revest fait allusion à la proportion de la population mondiale ne bénéficiant pas encore de la protection par la vaccination.


La vaccination des enfants comme solution ?

Alors que le pass sanitaire voit potentiellement sa fin être envisagée localement, la vaccination des enfants rentre dans les conversations.

Pour Matthieu Revest la question de la vaccination des moins de 12 ans ne devraient pas être posée actuellement, "la question ne se posera que quand on aura l'intégralité des plus de 12 ans qui seront vaccinés. Une fois ce premier objectif atteint, il sera temps de voir si l'épidémie est ou non contrôlée."

Ce n'est pas à nos enfants d'assumer que des personnes de plus de 12 ans ne veuillent pas se faire vacciner.

Matthieu Revest


Pour l'épidémiologiste et professeur au CHU de Rennes, "le bénéfice individuel pour les enfants n'est pas très important car ils ne font pas de forme grave du Covid, ni même de forme symptomatique dans la grande majorité des cas".

Si malgré les efforts de toute la population l'épidémie reste incontrôlée, pour Matthieu Revest la vaccination des enfants devra alors être envisagée.

Mais le médecin au front face au Covid d'insister, "Ce n'est pas à nos enfants de moins de 12 ans d'assumer le fait que les personnes de plus de 12 ans ne veuillent pas se faire vacciner. Cette situation me pose un problème éthique."

Pour Matthieu Revest, on ne devrait se poser la question de la vaccination des enfants "que quand on sera arrivé à ce point d'équilibre, et il ne faudrait pas que l'on se pose la question de vacciner les enfants car nous, les plus de 12 ans, n'avons pas été assez vacciné". 


Le masque, notre ami pour la vie ?

Le retour à la vie d'avant ne semble pas être envisageable dans un futur à court ou moyen terme. Le masque, les mesures barrières, la vaccination sont des outils remparts à la diffusion du Covid dans la population.

Les règlementations du port du masque sont différentes d'un départements à l'autre. La notion locale est actuellement favorisée à la règlementation nationale. Les préfectures appliquent les niveaux de restriction en fonction de l'évolution des chiffres du Covid, et appliquent les protocoles.

Pour Matthieu Mahéo, professeur de français à Bruz, "le port du masque dans les écoles malheureusement  nous nous y habituons mais il nous permet d'être proche de nos élèves. Et c'est beaucoup mieux que l'école à distance".

 

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