Vidéos virales à Rennes : l'adolescent, auteur des coups de feu, mis en examen

Un adolescent a été mis en examen mercredi par le juge des enfants pour violence avec arme. En garde à vue depuis lundi, il a tiré deux coups de feu lors d'une bagarre entre lycéens vendredi à Rennes. Des vidéos de la scène, postées sur les réseaux sociaux, sont devenues virales.

Capture twitter, vidéo postée le 20 décembre 2019. Scène filmée à Rennes, au pied du lycée Émile Zola.
Capture twitter, vidéo postée le 20 décembre 2019. Scène filmée à Rennes, au pied du lycée Émile Zola. © DR

Interpellé à la suite de la bagarre vendredi peu après 16h, l'adolescent qui a sorti une arme à feu et tiré à deux reprises, a été convoqué au commissariat de police lundi après-midi. Placé en garde à vue, il a été présenté à un juge pour enfants ce mercredi.

A l'issue de sa présentation au juge, ce mineur de 15 ans a été mis en examen "pour violence avec  ITT inférieures à huit jours avec trois circonstances aggravantes (en réunion, avec arme et aux abords d'un établissement scolaire)" a précisé le parquet de Rennes.

Il est placé sous le régime de la liberté surveillée, mesure confiée à la Protection judiciaire de la jeunesse.

 

Une arme à feu sortie lors d'une bagarre de lycéens


C'est à côté de l’église Toussaints, derrière la cité scolaire Emile Zola, en plein centre-ville de Rennes, que les faits se sont déroulés vers 16h ce vendredi 20 décembre.

Une rixe éclate entre deux élèves de seconde (15 ans) au lycée Emile Zola. Ils en viennent aux mains sous les yeux et les smartphones de plusieurs dizaines d'adolescents massés autour d'eux. Au bout de quelques secondes, un des jeunes de la foule, en seconde au lycée Saint-Martin, sort une arme de son pantalon et tire une fois en l’air. Puis, il attrape par le cou un de ceux qui se battent. Selon une source policière, il aurait agi ainsi pour venir en aide à son ami qui n'avait pas le dessus dans la bagarre. Le tireur dégaine alors un autre coup de feu en l'air avant de mettre en joue l'adversaire de son ami, ce dernier s'étant entre temps enfuit.

L'auteur des coups de feu sera interpellé par la police peu de temps après les faits.
Le jeune homme, auteur des coups de feu en pleine rue, se fait interpeller aux abords du lycée Émile Zola à Rennes
Le jeune homme, auteur des coups de feu en pleine rue, se fait interpeller aux abords du lycée Émile Zola à Rennes © Capture twitter
 

Vidéos virales


Cette scène violente a été filmée par plusieurs jeunes présents autour de la bagarre. Plusieurs vidéos, prises sous des angles différents, ont ainsi été postées sur les réseaux sociaux dès vendredi après-midi. Elles ont été visionnées pour certaines des centaines de milliers de fois, partagées, likées, commentées, enregistrées, re-titrées, ... devenant ainsi virales au fil des jours.
 

Des armes factices qui posent problème


Selon le parquet de Rennes, les faits "s'inscrivent en marge d'une altercation, entre deux jeunes, relative à une jeune fille". Le procureur de la République précise que l'arme à feu n'a pas été retrouvée. L'arme est factice, tirant des balles à blanc avec "un pouvoir détonant" selon la police, de type pistolet d'alarme.

L'un des acteurs de la bagarre a également été placé en garde à vue pour être auditionné. Le deuxième, l'ami du tireur, parti en vacances à l'étranger, sera entendu à son retour.
Les auditions ont permis d'apprendre que les deux protagonistes de la rixe "se cherchaient" depuis plusieurs jours et s'étaient donné rendez-vous pour "s'expliquer".

Du côté de la police rennaise, on voit d'un mauvais oeil cette affaire, qui au-delà des faits en eux-mêmes, a pris une ampleur inquiétante sur les réseaux sociaux, "faisant mousser" des actes violents entre jeunes, avec le risque de les "banaliser" . "Des réseaux sociaux avec lesquels il faut faire malheureusement" et qui peuvent venir compliquer les enquêtes, certains internautes voulant jouer les justiciers.

Cette source policière précise que même si les bagarres entre collégiens ou lycéens existent à Rennes et ne sont pas rares, elles ne se déroulent que peu de fois en centre-ville. La présence d'armes factices est elle aussi plus rare et encore plus celle de coups de feu. Des armes factices, "qui se multiplient auprès des jeunes", ce qui ne "facilite pas la tâche des policiers, car elles ressemblent pour certaines comme deux gouttes d'eau aux vraies et sont difficilement reconnaissables lorsqu'elle sont utilisées dans la pénombre". Une nouvelle donne délicate avec laquelle doivent faire les forces de l'ordre.
 
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