Dans cette école primaire de Dinan, les sourires ont remplacé les masques

"Cela fait du bien de les voir sourire!". A l'école élémentaire Diwan de Dinan, l'institutrice des CM1/CM2 découvrait lundi matin ses élèves heureux d'avoir tombé le masque, une conséquence de l'amélioration de la situation sanitaire dans les Côtes-d'Armor et dans de nombreux départements français.

En cette journée automnale ensoleillée, parents, enseignants et élèves de cette
école en breton immersif avaient l'impression de vivre une deuxième rentrée. La raison: la fin du masque obligatoire dans les cartables.


"Ça fait très bizarre: ce matin j'ai dit +papa j'ai oublié mon masque+ mais en
fait on n'a plus besoin de l'avoir!", rigole Charlie, un blondinet de CM2.
Devant la grille d'entrée, dans un quartier excentré de cette ville au riche passé
médiéval, les "demat" (bonjour en breton) fusent. Les discussions se focalisent sur la fin du masque obligatoire à l'école primaire, décision valable également dans 46 autres départements, et qui va concerner une quarantaine d'enfants dans cette "Skol Diwan".


"C'est un signe que ça revient à la normale", savoure Marie-Do Brahy, 41 ans,
maman d'Eloïse en CP, qui ressentait "un pincement au cœur" en voyant tous ces
élèves le visage recouvert.

C'est normal pour eux mais pour moi, ça n'est pas normal

Une mère d'élève

"Ce qui m'a fait réagir récemment, c'est que j'ai vu ma fille faire un coloriage
de princesse et je l'ai vue faire le bas du visage avec une couleur et le haut
du visage avec une autre couleur... Eh oui, ils ont grandi avec ça. C'est normal
pour eux mais pour moi, ça n'est pas normal", dit-elle.

D'autres parents d'élèves soulignent eux que cette décision gouvernementale peut
mettre fin à une situation parfois ubuesque, comme dans des classes double niveau Grande section/CP, avec une partie des enfants devant porter le masque (les CP) et d'autres ne le mettant pas (les maternelles).


"Tout est désormais uniforme et on n'a plus besoin à penser à cela", résume Valentin Barre. Avant tout, beaucoup espèrent que ce nouveau protocole va permettre aux enfants de mieux s'exprimer et de mieux apprendre.

Une barrière pour l'apprentissage


"Ce sera plus facile pour les élèves, surtout pour les petites classes, pour l'apprentissage du langage: c'est toujours plus simple de voir le visage complet de l'enseignant", relève François Toutain, 50 ans, qui a déposé sa fille Garance devant la grille.


Dans la salle de classe des CM1/CM2, les élèves débutent la semaine assis en rond et en chaussettes et racontent en breton leur week-end, non loin d'affiches des conjugaisons dans cette langue celtique et des éditions du "Ar Priñs bihan" (Le petit prince).


"On est dans une école immersive, on est sans cesse en train d'apprendre une autre langue. Le masque représente une barrière pour l'apprentissage. On voit qu'ils sont contents, ça leur enlève un certain poids", souligne Marine Drillien, institutrice de 23 ans.


"On est bien content qu'ils puissent l'enlever, on espère que pour les enseignants
ça suivra aussi !", espère-t-elle sous son masque blanc.

ça cachait le visage quand il n'était pas trop souriant

Emilie, neuf ans


Arthur, qui arbore une belle tignasse rousse, pense aussi que ce sera plus facile
en classe. "C'était compliqué de comprendre les gens avec le masque: ça bloquait
la voix et du coup on se comprenait mal des fois", dit cet élève de CM2.


"On n'a plus de masque et on peut mieux respirer et c'est plus agréable. On peut
voir les élèves sous leur vraie forme en quelque sorte, alors qu'avec le masque,
c'était moins joli", lance-t-il.


Emilie, neuf ans, trouvait quelques menus avantages à ce masque protégeant de
la diffusion du virus. "J'aimais bien avoir le masque, car il me tenait chaud et
ça cachait le visage quand il n'était pas trop souriant… Mais je préfère ne pas
l'avoir", concède-t-elle tout de même.

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