Entrée en boîte de nuit à Saint-Malo : avec des cartes d'identité louées, des mineurs décrochent le sésame

Discothèques interdites aux mineurs : pas question de déroger à la loi / © AFP Issac Brekken
Discothèques interdites aux mineurs : pas question de déroger à la loi / © AFP Issac Brekken

En utilisant le réseau social Instagram, des mineurs se mettent en contact avec de jeunes majeurs, à l'allure correspondante sur leur photo, pour louer leur carte d'identité afin de rentrer en boîte de nuit. C'est un patron d'établissement malouin qui a alerté la police.

Par Catherine Jauneau


Comment passer l'épreuve du physionomiste à l'entrée d'une discothèque quand on est trop jeune ? Visiblement, l'astuce court sur les réseaux sociaux et c'est bien ce qui inquiète la police de Saint-Malo. Il s'agit de louer, le temps d'un week-end, pour 5 à 20 euros, la carte d'identité d'un jeune majeur contacté , via le réseau social Instagram.

C'est un patron de discothèque qui a donné l'alerte au commissariat, après avoir découvert le pot aux roses. Il avait repéré le compte Instagram d'un jeune lycéen malouin qui proposait de mettre en relation des personnes mineures et des jeunes majeurs, afin qu'ils puissent louer leur carte d'identité pour rentrer dans son établissement, sans risque d'être refoulé.


Une pratique déjà utilisée


Visage à peu près semblable sur la photo mais dans les faits, pas le même âge. Le commissariat a ouvert une enquête. Le jeune intermédiaire âgé de 16 ans a été interrogé et son compte immédiatement fermé. Il ne se faisait pas rémunérer pour cette "opération". Deux jeunes filles mineures qui avaient utilisé ses services ont également été entendues. Elles ont précisé que la pratique se faisait déjà couramment, de la main à la main.

"Ils ne se rendent absolument pas compte des risques de leur comportement" commente Guillaume Catherine, commissaire de Saint-Malo. 


Une vraie mise en danger 


"Ils minimisent le phénomène en disant que tout le monde fait cela ! Effectivement, nous avons constaté plusieurs cas similaires sur Instagram, une pratique que je découvre. J'ai donc tout de suite alerté les proviseurs des établissements scolaires concernés pour un rappel des dangers de la pratique auprès des élèves. Ces jeunes m'ont également rétorqué que si la carte d'identité n'était finalement pas restituée au propriétaire, cela n'était pas un problème. Il suffisait de faire une déclaration de perte. Rien n'est grave pour eux!", se désole le policier.


L'usage d'un faux titre d'identité est un délit puni par la loi


Il y a des raisons pour l'interdiction des mineurs en boîte de nuit rappelle le policier : "Même s'ils sont avides de franchir les interdits, en consommant souvent de l'alcool lors de ces sorties, ils se mettent en danger et font aussi, en partie, porter la responsabilité, en cas d'accident, sur les patrons des établissements."

Seul le jeune qui servait d'intermédiaire a finalement fait l'objet d'un rappel à la loi. Précisons que l'usage d'un faux titre d'identité est un délit passible de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende, une peine applicable à la fois aux auteurs des faits mais aussi au complice intermediaire s'il y en a un .
 

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