Journées de l'abeille : le vieillissement prématuré des reines interroge

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Du 23 au 25 juin, les apiculteurs invitent le grand public à se pencher sur le sort des abeilles. A travers des rencontres, expositions, dégustation de miels, ateliers pour enfants, ces journées rappellent l'urgente nécessité de protéger la nature.

C'est la 13e édition des journées nationales de l'abeille. Trois jours pour découvrir, apprendre, s’émerveiller… et se mobiliser face à la disparition massive des insectes pollinisateurs en France et dans le monde.

Sentinelles de la nature, les apiculteurs proposent des ateliers récoltes, découverte de la vie des ruches,  projections de films. Des animations et des rencontres pour mieux comprendre le rôle des abeilles.

 

L'objectif est de sensibiliser petits et grands à l'importance de protéger la biodiversité. L'union nationale de l'apiculture française espère une évolution vers une agriculture sans produits chimiques. Elle demande l'interdiction de tous les pesticides néonicotinoïdes. 

"Il y a un gros souci sur la longévité des reines"

En Bretagne, la météo clémente du printemps a permis aux ruches de bien se développer cette année. La baisse des températures et la pluie qui ont suivi ont en revanche contrarié la récolte du miel. 

Les apiculteurs s'inquiètent surtout du vieillissement prématuré des reines. 

"Il y a vingt ans, les reines vivaient 4 à 5 ans" explique Gilles Lanio, apiculteur dans le Morbihan. "Aujourd'hui, au bout de deux ans, elles arrêtent de pondre, la colonie s'éteint. Il y a un gros souci sur la longévité des reines".

José Nadan, apiculteur au Faouët, dans le Morbihan, dresse le même constat. La durée de vie des reines a été divisée par deux. "Les ruches s'affaiblissent énormément. On a des pertes en permanence. Les Reines doivent être remplacées tous les deux ans. Il faut surveiller son cheptel, cela nécessite un gros travail de suivi." 

Selon les apiculteurs, l'usage des pesticides, le niveau de pollution, pèsent toujours sur la fertilité des mâles et donc des reines. 

Il y a des discours, rien n'avance, on tourne en rond

Gilles Lanio, passionné d'apiculture depuis quarante cinq ans, se dit triste et perplexe face à une situation qui n'évolue pas. Le diagnostic sur le lien de cause à effet entre les pesticides et la mort des abeilles a été établi. Pour autant, chaque année, des hécatombes localisées se multiplient. Les essaims doivent être remplacés, toujours plus souvent. "Il y a des discours, rien n'avance, on tourne en rond" se désole l'apiculteur.