La pêche et le Brexit, une histoire sous tension

Fin 2020, à la suite d'intenses négociations, un accord a finalement été obtenu avec le Royaume-Uni. Pas de "No Deal", l'activité des pêcheurs français et européens dans les eaux britaniques est préservée. Mais en mer, la situation reste compliquée.

Les pêcheurs Bretons dans la tourmente du Brexit
Les pêcheurs Bretons dans la tourmente du Brexit © Antoine Tracou

Les eaux britanniques sont pour tous les pêcheurs un terrain de jeu idéal.
Elle sont parmi les plus riches du monde en poisson. Les marins-pêcheurs des pays de l'Union Européenne pêchent dans ces eaux 760 000 tonnes par an, soit 636 millions d'euros de marchandises.
La France y réalise 30% de ses prises.

L'an dernier, à la veille de Noël, se jouait l'épilogue d'un long feuilleton politique, celui du Brexit où la pêche aura été au coeur des tractations du divorce entre la Grande-Bretagne et l'Union Européenne.

Jusqu'au bout, le spectre d'un "No Deal" aura plané sur le sort des marins-pêcheurs qui dépendent des eaux britanniques pour leurs captures.
Jusqu'au bout, ils auront attendu de savoir s'ils allaient être chassés ou non des zones de pêche traditionnelles...

Mais le 24 décembre 2020, un accord a été trouvé entre l'Union Européenne et le Royaume Uni. Les pêcheurs sont autorisés à pêcher dans la zone des 6 à 12 milles marins au large des côtes britanniques jusqu'au 31 décembre 2021.

Cet accord précise que la France a jusqu'au 1er juin 2026 pour aboutir progressivement à une diminution de 25% de ses quotas de pêche dans les eaux britanniques.

Jersey, tensions en mer et discussions à terre.

Le port de Jersey est bloqué par les marins-pêcheurs bretons et normands en colère sous le regard de patrouilleurs Français et Britanniques. En effet, avant le Brexit, il existait le traité de la baie de Grandville, garantissant les conditions d'une exploitation durable et équilibré de la mer commune.

Avec le Brexit,  dans ces eaux britanniques, des tensions existent. Les pêcheurs français, tout comme la commission européenne, reprochent aux Britaniques de ne pas respecter l'accord qu'ils ont signé le 1er mai, dans lequel une licence de pêche a été accordée pour 41 bateaux français à pêcher au large de Jersey.
Oui mais voilà que le 30 avril, au tout dernier moment Londres écrit à Bruxelles pour rajouter des conditions qui n'étaient absolument pas prévues dans cet accord initial comme par exemple le nombre de jours en mer autorisés...

C'est la première année de la mise en place de cet accord, on sent très bien que chaque partie essaye de marquer son territoire.

La marée du passage

Le réalisateur Antoine Tracou a embarqué à bord de l'Itasca, un chalutier hauturier basé à Roscoff dans le Finistère pour partager avec les 5 membres de l'équipage cette marée du nouvel an. Une marée vers un nouveau partage des eaux avec son lot d'incertitudes et de questionnement que se pose les marins bretons face à cet accord sur le Brexit. 


Une marée loin des familles, loin des amis, une marée particulière avec ses alées habituels, avec ses immuables gestes et ses rythmes calés sur les levers de chaluts.
La pêche est et restera un des symboles forts de l'histoire du Brexit.

Pour voir en replay l'émission Littoral, la marée du passage c'est ici 👇

La marée du passage.

 

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