Le manque cruel d'ophtalmologistes en Bretagne

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Les ophtalmologistes manquent en France, et la Bretagne ne fait pas exception. Conséquence : les délais pour obtenir un rendez-vous avec un praticien sont longs.

En moyenne, un Rennais doit attendre 123 jours avant d'obtenir un rendez-vous. La capitale bretonne est, parmi les grandes villes de France, la ville où le délai pour obtenir un premier rendez-vous chez l'ophtalmologiste est le plus long. 

Les rendez-vous non honorés, un problème

Selon une étude réalisée en 2013 par le syndicat URPS des médecins libéraux, 28 millions de rendez-vous de médecine générale et spécialisée ne sont pas honorés chaque année. La plupart du temps, les patients ne prennent pas la peine de prévenir leur praticien.

Quelque 71 % des médecins libéraux ayant répondu à l'enquête enregistrent une à deux annulations par jour, 23 % en déplorent plus de trois par jour. Seuls 6 % n’en constatent aucun. L'ophtalmologie fait partie, aux côtés des dermatologues, des gynécologues et des radiologues, des spécialités les plus touchées.

Conséquence : de nombreux trous se forment dans les emplois du temps des médecins, déjà surchargés. "Ces rendez-vous auraient pu rendre service à d'autres patients", dénonce une affiche éditée par la Confédération à la suite de ces résultats.

Pour remédier à ce problème de longue date, certains sites internet ont fait leur apparition. Ils permettent aux patients de trouver rapidement un créneau disponible. MonDocteur.fr promet aux médecins de "réduire le nombre de rendez-vous non honorés" et de "réduire le nombre d'appels reçus par les secrétariats".

Demande de soins non programmés

Autre explication possible à ce phénomène : les demandes de soins non programmés (rendez-vous d'urgence). Environ 74 % des médecins reçoivent jusqu'à 5 de ces demandes par jour.

La résorption de la pénurie en marche... sauf en Bretagne

Le Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF) note une "augmentation du nombre de postes ouverts à l'ophtalmologie lors des Épreuves classantes nationales (ECN)".

Autre constat : le nombre d'ophtalmologistes en exercices est en constante augmentation sur les 10 dernières années, notamment grâce à une "multiplication par trois du nombre de praticiens en activité après 65 ans depuis 2010" et à "l'implantation d'ophtalmologistes étrangers (entre 30 et 50 par an)."

Seul bémol : les disparités entre les régions sont très fortes. Entre 2004 et 2015, la densité d'ophtalmologistes par région et pour 100 000 habitants a grimpé de 25 % dans le Nord-Pas-de-Calais, alors qu'elle a chuté de 4 % en Bretagne.

Reportage : A. Billet et V. Bars

durée de la vidéo: 02 min 21
Le manque cruel d'ophtalmologistes en Bretagne

Interviews :
- Marie-France, patiente ;
- Angélique, patiente ;
- Marie-Odile, patiente ;
- Fabienne Grosset, secrétaire médicale ;
- Hélène Meunier, ophtalmologiste.