Loi immigration. "Ce texte facilite la régularisation des travailleurs et sert mon territoire". Pourquoi ces députées ont voté pour

En Bretagne, le vote du texte sur le projet de loi immigration a divisé les députés. Si, ce mardi 19 décembre, 11 députés ont voté contre, 15 élus de la majorité présidentielle ont voté pour. Quatre députées favorables au projet nous expliquent leurs choix.

Pour les députés qui l'ont voté, ce texte répond à un engagement vis-à-vis des Français et à la nécessité de simplifier la régularisation des travailleurs en règle, dans les métiers où l'on recherche des employés. Il facilite également l'expulsion des délinquants étrangers.

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Graziela Melchior, députée Renaissance du Finistère et enseignante :

" L'objectif de ce texte est d'organiser au mieux l'immigration. D'un côté, mieux accueillir ceux qui travaillent. D'un autre, éloigner ceux qui enfreignent les règles ou ne respectent pas les valeurs de la République. Dans ma circonscription, la situation dans les métiers en tension me soucie. La préoccupation des employeurs est de trouver de la main-d’œuvre ! Nous cherchons des personnes pour travailler auprès des personnes âgées, dans l'agriculture, la restauration. Des personnes immigrées, compétentes, sont employées légalement par des employeurs qui payent leurs cotisations. Elles n'arrivent pas à obtenir leur régularisation et un titre de séjour adéquat. Ce texte va faciliter la régularisation de personnes qui respectent les règles. Il va rendre service à mon territoire. Le Rassemblement national surfe sur la vague, car il y a écrit "immigration". Ce n'est pas un texte de ce parti politique, mais du Sénat, à partir du projet de loi du gouvernement ".

Ce texte, c’est la priorité aux travailleurs que nous côtoyons dans nos quotidiens

Christine Le Nabour,

députée Renaissance

Sandrine Le Feur, députée Renaissance du Finistère :

" Cela n’a pas été facile, mais c’était un engagement du Président de la République et donc un engagement vis-à-vis des Français. J'ai pesé le pour et le contre et j'ai de vraies raisons d’avoir voté le texte, en responsabilité, car sinon ça aurait été un vrai chaos politique. Moi, ce que j’attends, ce sont les effets de la saisine du Conseil constitutionnel, parce que là, il faut reconnaître qu’on a un texte dur . Je suis en colère contre la gauche locale et nationale. Depuis 2017, elle n’a pas su saisir la main qu’on lui tendait. Le PS s’est soumis à la gauche mélenchoniste, alors leurs leçons de morale, je n’en peux plus ". Et à ceux qui pourraient l’accuser de banaliser les idées du Rassemblement national en ayant voté pour ce projet de loi, la députée répond : "Je suis très à l’aise. La préférence nationale telle que prônée par le RN, avec un non-accès aux droits, ce n’est pas du tout ce qu’il y a dans ce texte ".

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Nicole Le Peilh, députée Renaissance du Morbihan et agricultrice :

" Il nous fallait protéger et intégrer l’immigration. Tous les chefs d'entreprise dans l'agroalimentaire, que je connais bien, travaillent avec une main-d’œuvre parfois d'origine étrangère. Ces hommes et ces femmes payent des charges sociales et font le PIB de notre territoire. J'estime que les gens qui travaillent, s'intègrent, font l'effort d'apprendre le français, doivent être des citoyens à part entière. Quant aux personnes qui arrivent et sont en situation irrégulière, il est logique et nécessaire de les contrôler. Ce projet de loi ne va pas fragiliser le statut des personnes qui arrivent en France, mais améliorer l'intégration. C'est de notre responsabilité. Nous avons besoin d'une France courageuse et éclairée, c'est ce que veulent 70 % des Français ".

La préférence nationale prônée par le RN, ce n’est pas du tout ce qu’il y a dans ce texte.

Sandrine Le Feur,

députée Renaissance

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Christine Le Nabour, députée Renaissance d’Ille-et-Vilaine :

" J'ai voté pour ce texte qui protège les Français, alliant humanité, justice et fermeté. Un texte attendu par nos concitoyens, avec notamment davantage de possibilités pour expulser les délinquants étrangers et, en parallèle, la régularisation d’étrangers qui travaillent et contribuent à l’activité de notre pays. Nous continuerons à combattre l’idéologie qui consiste à juger les personnes pour ce qu’elles sont, et non pour ce qu’elles font. Ce texte, c’est la priorité aux travailleurs ! Ces travailleurs que nous côtoyons tous dans nos quotidiens. La France s’honore à sortir d’une hypocrisie qui consistait à les pousser à l’anonymat, eux qui travaillent, respectent nos règles et aspirent à l’intégration ".