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Médicaments sans ordonnance: des écarts de prix du simple au triple

Familles rurales dénonce notamment des écarts de prix pour les médicaments en vente libre pouvant allant du simple au triple selon l'officine. / © BELPRESS/MAXPPP
Familles rurales dénonce notamment des écarts de prix pour les médicaments en vente libre pouvant allant du simple au triple selon l'officine. / © BELPRESS/MAXPPP

Familles Rurales publie son observatoire des prix des médicaments. Dix ans après l'autorisation de vendre en accès libre des médicaments sans ordonnance, elle dénonce une envolée et d'importants écarts de prix. Les pharmaciens annoncent un site internet de prix des médicaments pour cet été.

Par Hélène Pédech avec Myriam Thiébaut

Lorsque l'autorisation a été donnée, il y dix ans, de vendre en accès libre des médicaments délivrés sans ordonnance, l'idée était de faire baisser les prix par le jeu de la concurrence. Non seulement les prix n'ont pas baissé mais ils se sont envolés, constate le mouvement Familles Rurales qui fédère plusieurs associations.

Comme chaque année, Familles Rurales publie son observatoire annuel des prix des médicaments pour 2018. "Le gouvernement n’a pas réussi le pari « d’offrir des prix publics concurrentiels et d’améliorer le pouvoir d’achat des citoyens ». Familles Rurales appelle à la responsabilisation des acteurs : consommateurs, pharmaciens et pouvoirs publics."

 

+9% en 10 ans



Selon cette étude, le "panier" de médicaments en libre accés aurait augmenté de 9% depuis 2010. Certains prix se seraient même franchement envolés. Ainsi le Nurofen a bondi de 25% en huit ans, constate le mouvement; le Strepsil de 19% ou encore le Maalox de 12%.
 

La faute aux fabricants ?


La réaction du la F.S.P.F., Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, n'a pas tardé. "Familles rurales nous attaque injustement sur l'évolution des prix des médicaments, explique son président, Philippe Besset. Si les prix ont augmenté de la sorte, ce serait surtout lié à l'augmentation des tarifs pratiqués par les fabricants, à savoir les laboratoires pharmaceutiques, estime le syndicat de pharmaciens, "en moyenne, de près de 21 % en 10 ans."

Et la F.S.P.F. cite l'exemple du Nurofen 200 pointé par Familles Rurales:  "Les données [...] révèlent que :
- les prix industriels ont augmenté de près d'un tiers ;
- les taxes ont doublé ;
- la marge du pharmacien a diminué de moitié
.
"         

 

Un site prix des médicaments pour l'été



La F.S.P.F. annonce, dans un souci de transparence, qu'à partir de cet été les prix minimum et maximum pratiqués dans 14 000 officines seront recensés sur le site lepharmacien.fr.     

 

"C'est impossible pour les consommateurs de savoir ce qu'il paiera avant d'acheter"



Un autre manquement pointé du doigt par Familles rurales, c'est l'absence fréquente d'affichage des prix des médicaments en vente libre. 75% des boîtes seraient dépourvues d'étiquette, la moitié des médicaments sont sur des présentoirs situés derrière le comptoir des pharmaciens, constate-t-elle. "C'est impossible pour les consommateurs de savoir ce qu'il paiera avant d'acheter".
 
© France 3 Bretagne
© France 3 Bretagne

Concernant cet affichage, la F.S.P.F. rétorque qu'il n'est pas obligatoire. "Au contraire, l'affichage sur les linaires permet de connaître le prix avant d'acheter"... à condition de pouvoir le lire.

 

Jungle tarifaire



Faute d'une baisse de prix, l'ouverture à la concurrence aurait, enfin, favorisé l'émergence d'une jungle tarifaire. D'une officine à l'autre, qu'elle soit physique ou en ligne, les écarts de prix varient souvent du simple au double voire au triple.

C'est également ce qu'a constaté une équipe de France 3 Bretagne dans notre région.

 


Défaut de conseil


Surtout, Familles Rurales se désole que les médicaments en accès libre sont désormais proposés sans le conseil d'un pharmacien.Or l'Ibuprofène, un anti-inflammatoire massivement vendu sous les marques Nurofen, Advil, etc., vient d'être épinglé par l'Agence nationale de sécurité du médicament car il peut entraîner des complications infectieuses.

 



Des médecins et des pharmaciens étaient informés de ces suspicions depuis longtemps et déconseillaient donc des médicaments à leurs patients.

Alors question médicament; prudence, un conseil éclairé est préférable.

 

Que dit la réglementation sur les médicaments ?

En France, pour fixer les prix, la réglementation distingue les médicaments remboursables par les régimes obligatoires d'assurance-maladie et les médicaments non remboursables vendus en accès libre.

Les tarifs des médicaments remboursables sont fixés par le comité économique des produits de santé (CEPS), un organisme interministériel. Les prix sont fixés par boîtes de médicament. Ils sont consultables toutes taxes incluses sur la base de données publique des médicaments.

Les prix des médicaments non remboursables, qui sont déterminés librement par les pharmaciens d'officine, ne figurent pas dans la base de données.

Sur internet, seuls les sites qui dépendent de vraies pharmacies, disposant d'une officine ayant pignon sur rue, sont autorisés à vendre des médicaments non remboursables.

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