Sur le littoral breton, des manifestations pour dénoncer la flambée des prix de l'immobilier

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Écrit par Céline Serrano
Le collectif Dispac'h a symboliquement installé des tentes devant les remparts de Saint-Malo ce samedi 20 novembre
Le collectif Dispac'h a symboliquement installé des tentes devant les remparts de Saint-Malo ce samedi 20 novembre © R.Bonnant/FTV

Saint-Malo, Huelgoat, Belle-Île ou Vannes, des rassemblements sont organisés dans toute la Bretagne ce week-end du 20 et 21 novembre pour dénoncer une flambée des prix de l'immobilier qui touche l'ensemble du territoire de la région.

"L'idée serait de réserver l'achat de logement à des personnes qui vivraient depuis au moins un an sur le territoire" explique Ewan Thébault, membre du collectif Dispac'h qui est à l'origine des mobilisations organisées ce week-end du 20 et 21 novembre dans plusieurs villes bretonnes. Face à la flambée des prix de l'immobilier en Bretagne, le collectif propose de taxer plus lourdement les maisons de vacances, et surtout de créer un statut particulier de résidents.

Depuis mai 2020, les chiffres s'emballent

Le confinement a eu raison de nombreux urbains, parisiens ou pas, et l'envie de transformer son fantasme de vivre au bord de la mer en réalité a des conséquences mesurables sur le marché de l'immobilier en Bretagne.

D'ici 2040, 400 000 nouveaux habitants sont attendus dans la région. Pénuries de biens, marché tendu, en un an le volume de ventes a augmenté de 7,5% en moyenne dans les 4 départements bretons, jusqu'à 30% dans le golfe du Morbihan.

Forte demande et offre limitée, les prix flambent : +11,6% en moyenne, +17% pour une maison.

A Saint-Briac, le bail réel solidaire envisagé

Derrière La Trinité-sur-Mer (Morbihan), et devant Arradon (Morbihan), Saint-Briac, sur la côte d'Emeraude, est la deuxième ville la plus chère de Bretagne. Pour les revenus modestes, et même pour les revenus médiants, il est devenu impossible d'accéder à la propriété.

Maman divorcée de trois fillettes, Marine travaille dans l'aéronautique à quelques kilomètres de Saint-Briac où elle aimerait acquérir un logement, mais son budget ne le lui permet pas. "A Saint-Briac, les deux-tiers des maisons sont des résidences secondaires, donc les logements sont vacants une partie de l'année, et nous les salariés, on est contraint à la location."

On nous demandait de quitter le logement en juillet et août parce qu'à ce moment là, le propriétaire pouvait le mettre en location saisonnière et gagner beaucoup plus d'argent. Ça pour moi, ça devrait être interdit

Canelle Perrin, fleuriste à Saint-Briac

Et même en location, pas si simple de trouver un hébergement à l'année. Installée depuis trois ans comme fleuriste à Saint-Briac, Canelle Perrin a décliné des offres de locations, fréquentes dans les stations balnéaires, limitées de septembre à juin : "On nous demandait de quitter le logement en juillet et août parce qu'à ce moment là, le propriétaire pouvait le mettre en location saisonnière et gagner beaucoup plus d'argent. Ça pour moi, ça devrait être interdit."

 
Pour faire face à cette situation, la mairie envisage d'avoir recours au bail réel solidaire. Un dispositif qui permet aux primo-accédants d'une résidence principale, sous condition de ressource, de ne financer que la construction de sa maison, sans acheter le foncier. Selon le maire Vincent Denby-Wilkes, "on sera sans doute à 40% de moins par rapport à une accession à la propriété normale."

Une invasion de parisiens ?

Contrairement aux idées reçues, la pression immobilière n'est pas limitée aux stations balnéaires et aux communes du littoral, elle s'étend jusqu'en centre Bretagne où il devient là-aussi difficile d'accéder à la propriété.

Le développement du télétravail avec la crise sanitaire a fait apparaître un nouveau concept : la résidence "semi-principale", adoptée par de nombreux parisiens, en bord de mer ou en campagne. 

Toutefois, le profil de l'acquéreur type en Bretagne, c'est un breton âgé de 43 ans. 71 % des biens sont achetés par des personnes originaires de la région.


       
 

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